BOLLAND., p
. 3, C'est la Clycle du pays de Galles et non la Ciyde qui coule à Glascow, où saint Kentigern fut évèque, 11 y a aussi deux rivières, du même nom de Dee, en Ecosse et en Wales. De là des confusions dont il est bon d'êlre averti,
4. BoLLAND., p. 819. — Ce monastère s'appela d'abord Llan-Elwy.
en même temps un siège épiscopal qui subsiste encore sous le nom de saint Asaph, successeur de Kentigern ^ .
Ce ne fut là ni la plus ancienne ni la plus importante colonie monastique de la Gambrie où, comme dans l'Angleterre saxonne, tout évêché a pour berceau un monastère.
Plus d'un siècle avant Kentigern, Dubricius, dont la longue vie, s'il faut en croire la tradition, le rendit contemporain de Patrice et de Palladius aussi bien que du roi Arthur (431-522), est cité comme le premier créateur d'un grand foyer monastique en Gambrie, d'où des colonies religieuses ne cessaient de rayonner au dehors, en Armorique et en Irlande. Ordonné évêque à Llandatf, au midi de la Gambrie, par saint Germain d'Auxerre, il finit sa carrière dans le Nord comme anachorète, après avoir réuni pendant un temps plus de mille auditeurs autour de sa chaire. Parmi eux, les plus illustres furent Iltud et David.
Iltud, ou Eltut, lui aussi disciple de saint Germain d'Auxerre, fonda le grand monastère deBan-
1, Chaque peuplade, chaquepelite royauté de la Gambrie avait son évêché; ainsi Llandaff pour les Silures, Menevia (depuis Saint-David's) pour les Demetes, etc. 11 y en eut aussi un à Margam, qui devint plus tard une célèbre abbaye cistercienne, dont les ruines, enclavées et conservées avec soin dans la splendide résidence d'une branche de la maison de Talbot, méritent d'être visitées et admirées.
gor, sur les bords de la Dee, qui devint le centre de la propagande religieuse comme de la résistance politique aux conquérants étrangers : on y comptait sept divisions, chacune de trois cents moines, lesquels vivaient tous du travail de leurs mains. C'était toute une armée, mais de moitié moins nombreuse que celle des quatre mille moines de l'autre Bangor * , qui s'élevait de l'autre côté de la mer en Irlande et qui devait servir de berceau à saint Golomban et à saint Gall , aux apôtres monastiques de la France orientale et de THelvétie". Iltud était né en Armorique; mais sa curieuse légende, dont on nous saura gré de citer quelques traits attachants, dit qu'il vint en Cambrie attiré par la renommée de son cousin le roi Arthur. Il commença par y vivre en homme de guerre et de proie, mais il se convertit pendant une partie de chasse au faucon, à la vue de la catastrophe de ses compagnons, qui, au moment où ils extorquaient au saint abbé Gadoc, fondateur deLlancarvan, cinquante pains, unbois-
1. Il y eut encore un Iroisième Bangor ou Banchor ; c'est l'évèclié qui subsiste encore et qui fut également fondé par un disciple de Dubricius, le saint abbé Daniel, mort vers 548. Ce petit siège épiscopal, situé dans le comté de Caernarvon et au bord de la mer, a été souvent confondu avec le grand monastère du même nom, situé dans le comté de Flint, sur les bords du Dee. Ban-Gor, que l'on interprète par magnus circulus, semble d'ailleurs avoir été une sorte de dénomination générique pour les congrégations ou les enceintes monastiques.