Voir tome H, livre ix, chap
seau de bière et un porc gras, pour assouvir leur faim, furent engloutis par la terre entr 'ouverte sous leurs pas. Iltucl, effrayé par cette leçon et conseillé par l'abbé Cad oc, se consacra au service de Dieu dans la solitude, bien qu'il fut marié et fort épris de sa jeune et belle femme. Celle-ci voulut d'abordle suivre dans sa retraite et partager avec lui la hutte de roseaux qu'il s'était construite au bord de Tave, dans le comté de Glamorgan. « Eh quoi! » lui dit un ange qui lui apparut en songe : « toi aussi, Famour d'une femme t'enchaîne... Certes, ton épouse est belle, maisla chasteté est plus belle encore. » Docile à cette voix d'en haut, il abandonna sa femme ainsi que ses chevaux et'ses écuyers, s'enfonça dans une épaisse forêt et y bâtitun oratoire que l'afïluence des disciples changea bientôt en monastère. Il y partageait sa vie entre de grandstravaux agricoles etdefréquentesluttes contre les rois et les chefs pillards de la contrée d'alentour. Il se signala surtout en construisant des digues immenses contre les inondations dont le pays de Galles semble avoir eu tant à souffrir. Sa femme le poursuivit jusque dans cette nouvelle solitude ; mais en le découvrant au fond d'un fossé qu'il creusait luimême, le corps et le Adsage tout couverts de boue, elle vit bien que ce n'était plus son beau chevalier d'autrefois, et renonça désormais à le visiter pour ne pas déplaire à Dieu et à l'ami de Dieu. Plus tard,
il s'enferma dans une caverne, où il n'avait pour lit qu'une froide pierre. Il jouit avec délices de ce gîte solitaire pendant quatre années entières, et n'en sortit que deux fois pour aller protéger son monastère contre les violences et les spoliations. Il vint mourir à Dol, dans cette Armorique qu'il avait toujours aimée et où il se plaisait à envoyer en temps de disette, pour le soulagement de ses compatriotes bretons d'outre-mer, des convois de grains que lui fournissaient les travaux de sa communauté galloise ' . David est beaucoup plus connu que son condisciple Iltud (4o8-o4i) ; il est resté populaire chez les habitants du pays de Galles, et Shakespeare nous apprend que, même depuis la Réforme, les Gallois ont conservé l'habitude de porter une feuille de poireau dans la coiffure le jour de sa fête". Son