Ibid
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et à la reine de Northumbrie deux épitres qui rappellent celles de Grégoire au roi et à la reine de Kent. Il exhortait celui qu'il appela le glorieux roi des Anglais à suivi^e l'exemple de tant d'autres empereurs et rois, et surtout de son beau-frère Eadbald, en se soumettant à la grandeur du vrai Dieu, et à ne pas se laisser séparer dans l'avenir de cette chère moitié de lui-même, qui avait déjà reçu par le baptême le gage de l'éternité bienheureuse. Il conjurait la reine de ne négliger aucun effort pour amollir et enflammer le cœur dur et froid de son mari pour lui faire comprendre la beauté des mystères auxquels elle croyait, et l'admirable salaire qu'elle avait reçu de sa propre renaissance; afin que ceux dont l'amour humain n'avait fait qu'un seul corps ici-bas demeurassent unis dans l'autre vie par une union indissoluble. A ses lettres il joignait quelques modestes présents, qui témoignent assurément ou de sa pauvreté ou de la simplicité du temps : pour le roi, une chemise de lin ornée de broderie d'or et un manteau de laine d'Orient; pour la reine, un miroir d'argent et un peigne d'ivoire ; pour tous deux, les bénédictions de leur protecteur saint Pierre.
Mais ni les lettres du pape, ni les sermons de l'évêque, ni les instances de la reine ne suffisaient pour triompher des incertitudes d'Edwin. Un événement providentiel vint l'ébranler sans le vaincre absolu-
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ment. Le jour de Pâques qui suivit son mariage (20 a^Til 626) , un sicaire envoyé par le roi des Saxons de l'Ouest pénétra auprès du roi, et sous prétexte de lui communiquer un message de son maître, essaya de le frapper avec un poignard empoisonné à double tranchant qu'il tenait caché sous son habit. Entraîné par ce dévouement héroïque pour leurs princes, qui se mêlait chez tous les Barbares germaniques à de si continuels attentats contre eux, un seigneur nommé Lilla, n'ayant pas de bouclier sous la main, se jeta lui-même entre son roi et l'assassin, qui avait frappé avec tant de force que son fer alla atteindre Edwin même à travers le corps de son fidèle ami ' . Dans la nuit même de cette principale fête des chrétiens, la reine accoucha d'une fille. Pendant qu'Edwin rendait grâces à ses dieux de la naissance de cette première-née, Févêque Pauhn commença de son côté à remercier le Seigneur Christ, en affirmant au roi que c'était lui qui, par ses prières au vrai Dieu, avait obtenu que la reine enfantât pour la première fois sans accident et presque sans douleur. Le roi, moins ému du danger mortel qu'il venait d'éviter que de la joie d'être père sans que la vie de sa chère Ethelburge eût été compromise, fut charmé des paroles de Paulin, et lui promit de renoncer aux idoles pour servir le Christ, si le Christ lui accordait la