Bede, loc. cit
2. GoRiNi, Défense de V Église, t. II, p. 87. — Dans cet excellenl ouvrage rien ne surpasse la réfutation pied à pied du récit de M. Augustin Thierry sur la conversion des Anglo-Saxons. Cf. Fabeu, Life ofS. Edwin, 1844, dans la série des Lives ofthe English saints-
3. Selon M. Thierry, « ce secret avait probablement échappé à Edwin parmi les confidences du lit nuptial. » Jiede dit précisément
tout seul à méditer, dans le secret de son cœur, sur la religion qu'il lui faudrait suivre, l'évêque entra tout à coup et lui posa la main droite sur la tête , comme l'avait fait l'inconnu de sa vision, en lui demandant s'il reconnaissait ce signe ' . Le roi tremblant voulut se jeter aux pieds de Paulin, qui le releva et lui dit doucement : « Eh bien, vous voilà délivré des (( ennemi s que vous redoutiez , par la bonté de Dieu . (( Vous voilà, de plus, pourvu par lui du royaume que (( vous désiriez. Souvenez-vous d'accomplir votre (( troisième promesse, qui vous oblige à recevoir la (( foi et à garder ses commandements. C'est ainsi <( seulement qu'après avoir été comblé de la faveur (( divine ici-bas, vous pourrez entrer avec Dieu, en (( participation du royaume céleste. — Oui, » répondit enfin Edwin, (( je le sens ; je dois et je veux être chrétien. » Mais, toujours fidèle à son caractère mesuré, il ne stipula que pour lui-même : il dit qu'il en conférerait avec les grands nobles, ses amis, et avec ses conseillers, afin que s'ils se décidaient à croire comme lui, ils fussent tous ensemble consacrés au Christ dans la fontaine de la vie.
Paulin ayant approuvé ce projet , le parlement
le contraire, sans rien affirmer. « Tandem ut verisimile videtur didicit (Paulinus) in spiritu, quod vel quale csset oraculum régi qnondam cœlitus ostensum. » Bede, II, 12. 1. Bede, II, 12.
iiortlium])rien, ou, comme on le disait alors, le conseil des sages {Witena-gemot), fut assemblé auprès d'un sanctuaire du culte national, déjà célèbre du temps des Bretons et des Romains, à Godmundham, aux portes d'York. Chaque membre de ce grand conseil national fut interrogé à son tour sur ce qu'il pensait de la nouvelle doctrine et du nouveau culte ^ . Le premier qui répondit fut le grand prêtre des idoles, nommé Goïfi, personnage singulier et passablement cynique : « Mon avis, » dit-il, ce est très cer- (( tainement que la religion que nous avons suivie (( jusqu'à présent ne vaut rien ; et voici ma raison. (( Pas un de vos sujets n'a servi nos dieux avec plus (( de zèle que moi , et pourtant il y a une foule de (( gens qui ont reçu de vous beaucoup plus de bience faits et de dignités. Or, si nos dieux n'étaient pas (c bons à rien , ils auraient fait quelque chose pour (( moi qui les ai si bien servis. Si donc, après mûr (( examen, vous avez trouvé cette nouvelle religion (( qu'on nous prêche plus efficace, hâtons- nous de (( l'adopter. »
Un des grands chefs tint un autre langage où se révèlent l'élévation religieuse et la mélancolie poétique dont étaient souvent pénétrées les âmes de ces païens germaniques: « Tu te souviens peut-être, » dit-il au roi, (( de ce qui arrive quelquefois dans nos soirées