SECOND MEMOIRE
L'auteur résume ainsi qu'il suit le résultat final de toutes ses recherches :
1° Les dissidences entre Rome et la Bretagne ont été moins nombreuses, moins importantes et surtout plus tardives que les novateurs ne l'entendent.
2" Elles n'établissent aucune relation entre la Bretagne et l'Asie.
3° Elles ne prouvent rien contre Rome; sur les trois populations dont se composait l'Église bretonne, deux avaient adopté dès le principe les usages de Rome.
4° sur les six usages controversés,
Trois avaient leur principe dans l'esprit national et nullement asiatique, savoir :
A. La tonsure, coiffure nationale, même f/rw/f^/^we, celle des mages dont il est question dans les vies des saints irlandais, comme opposant de grands obstacles aux modifications de la foi;
B. La liturgie particulière pour la messe, comme il y en a dans toutes les églises évangélisées par Rome, la Gaule, l'Espagne, etc.;
C. L'aversion pour les clercs romains, repoussés par sentiment patriotique comme apôtres de la race saxonne ;
Et trois dans une adhésion malentendue aux doctrines mêmes de Rome;
D. Les cérémonies complémentaires du baptême^ dont parle Bede, II, 2, mais que les insulaires ne voulaient pas reconnaître, parce que leurs premiers apôtres, venus de Rome, ne leur en avaient rien dit;
£". Le comput pascal, que les Bretons maintenaient tel qu'ils l'avaient d'abord reçu de Rome, sans vouloir adopter la réforme introduite postérieurement par les papes ;
F. Le célibat des clercs aussi sévèrement observé parles Bretons que par les clercs romains; seulement on y acceptait les monastères doubles connus en Orient, c'est la seule voie par où s'étaient infiltrées dans l'extrême Occident quelques-unes des traditions de l'Orient.
Sur les trois points principaux : IMa suprématie de Rome, 2" la célébration de la Pâque, 3^ le mariage des prêtres, l'Église bretonne ne s'est point écartée des autres Églises occidentales; au moins durant les cinq premiers siècles. Sur les trois points secondaires : 1° la tonsure, 2® l'administration du baptême, 3° la liturgie, il y avait des dissidences, mais elles étaient aussi grandes entre la Bretagne et l'Orient qu'entre la Bretagne et l'Italie.
FIN DU TOME TROISlliME.
DU TOME m .