‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint Bernard (volume 3)Chapitre 240 sur 244 · CONCLUSIONS DES DEUX MÉMOIRES DE M. VARIN · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS DES DEUX MÉMOIRES DE M. VARIN

SUR LES CAUSES DE LA DISSIDENCE EiNTRE l'ÉGLISE BRETOiNNE Eï l'ÉGLISË ROMAINE

(r.ECL'EIL DES MÉMOIIIES PRÉSENTÉS PAR DIVERS SAVANTS A L'ACADÉMIE DES INSCRIPTIONS. — V« SÉRIE, 1858.)

(Voir page 399.) PREMIER MÉMOIRE

Ce premier mémoire est surtout consacré à une étude géographique qui a pour but de fixer l'extension locale de la dissidence celtique. Ces préliminaires posés, l'auteur recherche les causes historiques de cette dissidence et annonce par anticipation ses conclusions dans ces termes :

La lutte soutenue par les trois peuples celtiques

(Bretons^ Pietés et Scots) contre les apôtres romains de la colonie saxonne provenait, selon les érudits anglicans des trois derniers siècles, de ce que la Bretagne avait reçu la foi de PAsie et aurait ainsi communiqué aux Pietés et Scots les doctrines antiromaines; les trois populations, catéchisées par des Asiatiques, auraient repoussé le joug religieux que Rome apportait (sous prétexte d'évangéliser les Anglo-Saxons), non moins que le joug politique des nouveaux conquérants. Or,

1- 11 n'y a jamais rien eu de commun entre les usages de l'Asie et ceux par lesquels les trois populations insulaires différaient de PÉj^lise romaine.

2" L'origine de ces dissidences secondaires, en ce qui concerne les Pietés et les Scots, provient de la substitution postérieure d'usages bretons aux usages que, dans le principe, ces mêmes peuples reçurent directement de Rome.

3" Ces usages, chez les Bretons même, ne remontaient pas à l'origine du christianisme dans les îles Britanniques. Ils avaient leurs sources dans des circonstances purement accidentelles et complètement étrangères à tout sentiment hostile envers l'Église romaine.

A"" Les Pietés et les Scots ont reçu primitivement de Rome, et non de la Bretagne, les lumières de PÉvangile. Ils occupaient déjà à cette époque le terrain qu'une école érudite prétend n^avoir été occupé par eux que pins tard.

Page 1