Brdk, lib. II, c. 20; lib. m, c
— Et laquelle donc? reprit le moine.
— Cette terre que vous avez, et où vous faites bâtir une église, appartenait à son père. »
A l'instant Beino cria aux ouvriers :
(( Arrêtez votre travail. Ne faites plus rien jusqu'à ce que j'aie baptisé cet enfant et que j'aie été parler au roi. »
Arrivé chez celui-ci, à Caernavon :
(( Pourquoi, lui dit le moine, m'as-tu donné ce domaine, qui appartient légitimement à un autre? L'enfant qui est dans les bras de cette femme en est l'héritier. C'est à lui qu'il faut le restituer. »
Noble et touchant témoignage du respect primordial des cénobites pour le droit sacré de la propriété, qui a été si constamment, si lâchement et si impunément violé à leur détriment !
La vie de ce moine, dont il n'existe qu'un texte en dialecte gallois ', contient d'autres traits non moins curieux. Il avait planté à côté du tombeau de son père un gland, lequel devint un grand chêne dont aucun Anglais, dit la légende, ne pouvait approcher sans mourir sur place, tandis que les Gallois n'éprouvaient aucun mal. Il quitta l'un de ses gîtes, au bord de la Saverne, sous le coup de l'horreur que lui inspira le son de la voix d'un Anglais qu'il entendait de l'autre côté du fleuve, exci-