O'Donnell, II, 5. — Colgan, Act. SS. Hibern., p
3. Aujourd'hui Teltown, petit village près de Kells, au comté de Meath.
niimication prononcée contre lui en son absence. Peut-être cette accusation ne portait-elle pas seulement sur la guerre soulevée à propos du psautier transcrit dont il revendiquait la propriété. Son caractère emporté, vindicatif, et surtout son attachement passionné pour ses proches et la part violente qu'il prenait à leurs disputes domestiques et à leurs rivalités sans cesse renaissantes, l'avaient engagé dans d'autres luttes dont la date incertaine est peut-être postérieure à son premier départ d'Irlande, mais dont la responsabilité lui est formellement imputée par divers monuments S et qui aboutirent également à des batailles sanglantes.
Golumba n'était pas homme à reculer devant des accusateurs et des juges. 11 se rendit au synode qui l'avait frappé sans l'entendre. Il y trouva pour défenseur un fameux abbé, nommé Brendan, fondateur
1. Notamment parlargument en langue irlandaise du poème latin de Columba, intitulé : Altus prosator, et dont il sera question plus loin. Cet argument est cité textuellement par le docteur Reeves, p. 253. Ce savant pense que les écrivains légendaires ont antidaté tous ces événements fâcheux pour la considération de l'apôtre de la Calédonie, afin de concentrer toutes ses excentricités dans la première portion de sa vie, antérieure à son expiation volontaire. Adamnan, qui ne suit aucun ordre chronologique, garde le silence sur la plupart des événements qui précédèrent l'exil volontaire du saint, et ne mentionne que vaguement le synode où il fut excommunié; mais il constate qu'après cet exil Columba revint plusieurs fois en Irlande , où son influence ne cessa jamais d'être très considérable. — Lib. III, c. .3.
(lu monastère de Birr. A la vue de Golumba, cet abbé se leva et alla l'embrasser. « Gomment, » lui dirent d'autres membres du synode, (( pouvez-vous donner « le baiser de paix à un excommunié? — Vous fe- « riez comme moi, » leur répliqua-t-il ; « et vous ne (( l'auriez jamais excommunié, si vous pouviez voir (( ce que je vois, une colonne de feu qui le précède et « des anges qui l'accompagnent. Je n'ose mépriser (( un homme prédestiné par Dieu pour être le guide « de tout un peuple vers la vie éternelle*. » Grâce à l'intervention de Brendan, ou par quelque autre motif qu'on ne nous dit pas, la sentence d'excommunication fut retirée ; mais il fut enjoint à Golumba de gagner au Ghrist par sa prédication autant d'âmes païennes qu'il avait péri de chrétiens dans la bataille de Gooldrewny- .
Ge fut alors que son âme semble avoir commencé à se troubler et que le remords y jeta les germes à la fois d'une conversion éclatante et de sa future mission apostolique. Resté à l'abri des vengeances ou des pénalités séculières, il dut se sentir d'autant plus atteint par le jugement ecclésiastique prononcé contre lui. On le voit, dans diverses légendes,
1. Ibid. — Ce Brendan dit Y Ancien, abbé de Birr, mort en 565, est à distinguer d'un autre Brendan, abbé de Clonfert, mort en 577, dont on a mentionné plus haut le fameux pèlerinage. Voir liv. X, p. 90.