O'DONNELL, loC.Cit
MOINES d'occ, m. 8
sorte d'autel portatif, devint la relique nationale du clan des O'Donnel. Pendant plus de mille ans, il fut porté par eux à la guerre, comme un gage de victoire, à la condition d'être posé sur la poitrine d'un clerc aussi pur que possible de tout péché mortel. Il a échappé comme par miracle aux dévastations dont l'Irlande a été victime, et il subsiste encore pour la plus grande joie des patriotes érudits de l'Irlande \
Golumba vainqueur eut bientôt à subir la double réaction de ses remords personnels et de la réprobation de beaucoup d'âmes pieuses^. Celle-ci fut la première à se faire jour. Devant un synode convoqué dans le centre du domaine royal, à Teilte% il fut accusé d'avoir fait verser le sang chrétien, et l'excom-
1. Les annales des Quatre Maîtres rapportent que dans une bataille livrée en 1497 entre les O'Donnell et les Mac Dermott, le livre sacré tomba entre les mains de ceux-ci, qui le restituèrent toutefois en 1499. — Conservé depuis treize cents ans dans la famille O'Donnell, il appartient aujourd'hui à un baronnet de ce nom qui en a permis l'exhibition dans le Musée de l'Académie royale irlandaise, où chacun peut encore le voir. Il se compose de cinqante-huit feuillets de parchemin recouverts d'une reliure d'argent. Le savant O'Curry [op. cit., p. 322) a donné le fac-similé d'un fragment de ce manuscrit, qu'il n'hésite pas à croire être de l'écriture de notre saint, ainsi que le bel évangéliaire dit Livre de Kells, dont il a également donné le fac-similé. Cf. Reeves, Notes sur Adamnan, p. 250, et Opuscule sur Marianus Scotus, p. 12.