‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint Bernard (volume 3)Chapitre 70 sur 244 · Where a turret's airy head · texte numérisé non relu

Where a turret's airy head

O'erlook'd, dark MuU! thy mighty sound, When thwarting tides, with mingledroar, Part thy swarlh hills from Morven's shore.

Walter Scott, Lord ofthelsles, I, 7.

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Ilots. Sur le sol si restreint de cet îlot, un 'sable blanchâtre alterne avec quelques pâturages entrecoupés de tourbières et de maigres récoltes ; et, ce sol semble toujours disputé à la culture par les roches de gneiss qui reparaissent sans cesse à la surface et forment en certains endroits un labyrinthe presque inextricable. Le seul attrait de ce sombre séjour est la vue de la mer et celle aussi des montagnes de Mull et des autres îles, au nombre de vingt à trente, que l'on distingue du liant de la colline septentrionale d'IonaV Parmi elles il faut signaler Staffa, si célèbre par la grotte de Fingall, qui n'a été signalée que depuis un siècle et qui, au temps de Columba, surgissait, dans sa majesté solitaire et inconnue, au sein de cet archipel des Hébrides, sillonné aujourd'hui par tant de curieux admirateurs de ces rives éch ancrées des Highlands et de ces châteaux ruinés de la féodalité écossaise que le grand barde de notre siècle a enchâssés dans l'auréole de sa poésie'.

L'anse où Columba prit terre s'appelle encore la Baie de la Barque d'osier, Porf a Churraich; et l'on y montre un monticule allongé qui représente

1. Celle colline, la plus haule de l'île, n'a que Irois cent vingt pieds d élévation au-dessus du niveau de la mer.

2. On trouvera dans l'Appendice de ce volume les beaux vers de Walter Scott sur la grotte de Staffat. Dans le poème intitulé : The Lord of the Isles, dont la scène s'ouvre dans l'île la plus voisine

les dimensions de cette barque, laquelle avait soixante pieds de long. L'émigré ne s'arrêta point dans cette anse, située au midi de l'île; il remonta plus haut, et pour être un peu à l'abri des grands vents de l'Océan , il choisit pour demeure la plage orientale, en face de la grande île de Mull, qui n'est séparée d'Iona que par un étroit canal d'un

d'Iona, Scott a tracé un itinéraire poétique de tout l'archipel si longtemps fréquenté par saint Columba; il le fait parcourir par le roi Robert Bruce quand, accompagnée de Ronald, le seigneur des îles, il quitte sa retraite insulaire de Skye pour aller délivrer l'Ecosse du joug des Anglais :

Wilh Bruce and Ronald bides tlie taie.

To favoring winds tliey givetiie sail

Till Mull's dark liead-lands scarce tliey knew

And Ardnamurclian's liills were blue...

... Merrily, merrily bounds the bark,

Slie bounds before the gale...

The shores of Mull on the eastwai"d lay And Ulva dark and Colonsay, And ail the group of islets gay

Tijat guard famed Staffa round...

They left Loch-Tua on their lee, And lliey waken'd the men of the Avild Tirée,

And tlie chief of the sandy Coll.

They pause not at Colunil)a's isle.

Thougli peal'd the bells froni tlie holy pile

With long and measured toU...

And verdant Islay call'd lier host, And the clans of Jura's rugged coast

Lord Ronald's call obey, And Scarba's isle, whose tortured shorc Still rings to Corriewreken's roar,

And lonely Colonsay.

Walter Scott, Lord of the Isles, cant. vi.

Les puissants dynastes celtiques qui, sous le nom de Seigneurs des îles, régnèrent pendant tout le moyen âge sur les Hébrides, étaient du clan de Macdonald ; leur domination s'étendait sur le district de Morven, qui est le plus voisin d'Iona sur la terre ferme.

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mille de largeur, et dont les plus hautes montagnes * , situées plus à Test, se rapprochent et se confondent avec les sommets du Morven toujours voilés de nuages.

Ce fnt là que les émigrés se construisirent des huttes de branchages, car l'île n'était point encore déboisée comme aujourd'hui'. Lorsque Columba eut résolu d'y créer pour lui et les siens un établissement définitif, les édifices du monastère naissant conservèrent une grande simplicité. Conmie dans toutes les constructions celtiques, des claies d'osier ou de roseaux, soutenues par des pieux allongés, en formaient l'élément principal. Les plantes grimpantes, le lierre surtout, en s'entrelaçant dans les interstices des roseaux, ornaient et consolidaient à la fois le modeste abri des missionnaires ^ Quoi qu'en ait dit saint Bernard dans un passage souvent cité et peut-être mal compris % les Irlandais surent construire des églises et des monastères de

1. La plus haute montagne de MuU a trois mille cent soixantedix-huit pieds, tandis que la partie la plus élevée d'iona ne s'élève pas à plus de trois cent trente pieds.

2. Il est dit que Columba se retirait in sallibus pour y prier. Aujourd'hui les habitants d'iona n'ont pas d'autre bois que celui provenant des bâtiments naufragés que la mer jette sur la plage. — Voir dans l'Appendice n^ 1 quelques notes sur l'état actuel d'iona.

3. AD4MN., 11, 3 à 7. —Le docteur Reeves a rapproché divers textes sur les matériaux des chapelles et églises en Bretagne et en Cambrie.

i. Vita S. Maladiix, c. 28. Cf. c. 6.

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pierre bien avant le douzième siècle * ; toutefois la plupart de leurs édifices religieux étaient en bois. Mais ce ne fut que quelques années après leur premier établissement que les moines venus d'Irlande à lona s'accordèrent le luxe d'une construction de bois, et alors il fallut faire venir des terres voisines les grands chênes que ne pouvait produire le sol stérile et toujours battu des vents de leur îlot^.

Ainsi naquit, il y a quinze siècles, la capitale monastique de l'Ecosse et le foyer de la civilisation chrétienne dans le nord de la Grande-Bretagne. Quelques ruines d'une date beaucoup plus récente que l'époque de Golumba, bien que fort anciennes, entremêlées à quelques chaumières éparses le long de la plage, en indiquent aujourd'hui le site.

(( Voici donc, y) disait en plein dix-huitième siècle le célèbre Johnson, qui, le premier, rappela l'attention du public britannique sur ce sanctuaire profané, (( voici que nous foulons le sol de cette île illustre qui fut naguère la lumière de la Galédonie, et d^oii rayonna la religion avec la science sur les clans sauvages et les barbares vagabonds. Celui qui voudrait n'être pas ému d'un tel souvenir ne le

1. Ce point a été mis hors de doute par le savant docteur Pétrie, dans son ouvrage capital sur l'Architecture ecclésiastique de l'Irlande, et par les recherches plus récentes de lord Dunraven. Voir notre tome H, livre ix, thap. 1.

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