Adamn., I
c'étaient surtout des chrétiens pénitents ou fervents qui , informés par les pêcheurs et les habitants des îles voisines , de l'établissement du moine irlandais déjà fameux dans son pays, et séduits par la renommée croissante de ses vertus, accouraient d'Irlande, du nord et du sud de la Bretagne, et même du milieu des Saxons encore païens, pour sauver leur âme et gagner le ciel, sous la direction d'un homme de Dieu' . Loin d'attirer ou d'admettre ces néophytes avec une imprévoyante légèreté , rien n'est plus avéré dans sa vie que la scrupuleuse sévérité qu'il apportait à l'examen des vocations, à l'admission des pénitents. Il redoutait surtout que le froc monastique ne servît d'abri à des criminels qui chercheraient dans le cloître non seulement un heu de pénitence et d'expiation, mais encore un refuge contre la vindicte humaine. Il savait au besoin blâmer et réprimer la trop grande facilité de ses amis et de ses disciples. L'un de ceuxci, Finchan, avait fondé dans une autre île des Hébrides, nommée Eigg^, une communauté semblable à celle d'Iona et qui probablement en dépendait ; il y avait admis à la cléricature et même au sacerdoce
1. Adamnan nous a conservé les noms de deux Saxons , dont l'un était boulanger, parmi les premiers compagnons du saint abbé, comme aussi celui d'un Breton, qui fut, de tous les religieux d'Iona, le premier à mourir. C'est cet Odhran ou Orain qui a laissé son nom au cimetière actuellement appelé Reilig Orain.