‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint Bernard (volume 4)Chapitre 114 sur 219 · De Vitis Patn(m,î · texte numérisé non relu

De Vitis Patn(m,î

Cependant l'Egypte s'étant promptement remplie , le fleuve de la vie monastique déborde et inonde les contrées voisines. Les moines vont peupler les déserts embrasés de l'Arabie, de la Syrie, de la Palestine. Le Sinaï fut habité par eux presque aussitôt que la Thébaïde. Au commencement du ïv^ siècle, pendant que les derniers empereurs païens épuisaient leur rage contre les chrétiens dans tout l'empire, les Arabes qui ne reconnaissaient pas leurs lois, mais que l'instinct du mal associait à leur guerre contre le Christ, vinrent égorger quarante solitaires qui avaient fixé leur séjour sur la sainte montagne où Dieu avait donné sa loi à Moïse. Il en vint d'autres pour les remplacer, et il vint aussi d'autres Arabes, ou Sarrasins pour les inmioler, et ces alternatives entre la colonisation pacifique des moines et les incursions sanglantes des Sarrasins se prolongèrenl pendant le reste de ce siècle. Mais les égorgeurs se lassèrent plus tôt que les moines et finirent par vse laisser convertir, au moins en partie. Saint Nil fut le principal apôtre de ces tribus sauvages et le grand colonisateur monastique de mont Sinaï.

Eu Palestine, la vie religieuse est introduite par Hilarion (292-372). Ce jeune païen, né à Gaza, étant allé étudier à Alexandrie, où il se fit chrétien, la renommée d'Antoine l'attira dans le désert. « Sois le

(( bienvenu, » lui dit Antoine en le voyant approclier de sa montagne; « sois le bienvenu, toi qui (( brilles de bonne heure comme l'étoile du ma- (( tin. » Le jeune Syrien lui répond : « La paix soit c( avec toi, colonne de lumière qui soutiens l'uni- (( vers \ » Il passe deux mois auprès du patriarche des cénobites, se décide à être moine conmie lui, et pour l'imiter il rentre dans son pays, où l'on n'avait encore rien vu de pareil. Après avoir donné tous ses biens aux pau\Tes, à seize ans, il s'établit sur le flanc d'une montagne, dans une cabane de jonc, près d'une citerne qu'il creuse de ses propres mains et qui sert à arroser le jardin dont le produit le nourrit. Là il bêche, il chante, il prie, il jeûne, il tresse des corbeilles, il lutte sm^tout contre les tentations du démon. En vain le souvenir des belles personnes d'Alexandrie, des somptueux repas, de toutes les séductions du monde païen venait éveiller ses sens. Il entreprend de réduire son corps, comme une bête de somme, par la faim et la soif, et réussit ainsi à dompter ses passions^. Il passe vingt-deux ans dans la solitude, mais cette vertu si austère dans un si jeune honmie, et des guérisons miraculeuses obtenues par ses prières, étendent peu à peu sa renonmiéc dans toute la Syrie ;

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