Epist. 22, ad Eustochiam
ilO LES PRÉCURSEURS MONASTIQUES
« cachot enfumé des villes? Crois-moi , je vois ici
« plus de lumière ' . »
Après s'être abreuvé pendant cinq années de cette lumière, il fut chassé de sa chère solitude par les accusations calomnieuses que sa qualité d'homme de rOccident excitait dans les esprits. Il se réfugie successivement à Jérusalem , à Antioclie , où il est ordonné prêtre , mais à la condition de n'être attaché à aucune église et de continuer à vivre en moine ; à Constantinople , où l'attire la renommée de saint Grégoire de Nazianze ; à Rome, où il sert de secrétaire au grand pape Damase ; à Alexandrie , d'où il va visiter les solitaires de la Thébaïde. Enfin, en 385, il revient, pour ne plus la quitter, dans la Terre sanite, et se fixe à Bethléem, où il se construit un petit monastère avec un hospice pour les pèlerins". Là, dans une étroite et pauvre cellule, avide de recueillir les inspirations de la foi auprès de la crèche du Sauveur, fidèle surtout à la loi du travail qu'il regarde comme le fond de la vie moderne, ce glorieux cénobite achève de traduire et de commenter la Bible. Il enfante ainsi cette Vul-. gâte qui a fait de lui (c le maître de la prose chré-