De Moribus Eccl catJioI., c
MOINES DOCC, I. 13
la richesse du clergé. Aussi Augustin eut-il grand soin de rendre compte à son peuple de l'emploi du modique patrimoine qui servait à l'entretien de sa communauté, ainsi que du refus qu'il faisait sans cesse des dons et legs destinés à l'augmenter, quand la source ne lui en semblait pas complètement pure. (( Que celui, » dit-il, « qui voudra désliériters son (( fils pour doter l'Église, aille chercher qui il vou- (( dra pour accepter son testament : ce ne sera pas (( Augustin. Il y a plus : s'il plaît à Dieu, ce ne (( sera personne. »
Un tel exemple, secondé par un tel génie, ne pouvait rester stérile : aussi Augustin est-il regardé à bon droit comme l'introducteur de la vie religieuse pour les deux sexes dans l'Église d'Afrique, au sein de cette épouvantable corruption qui dépassait celle de tout le reste du monde romain , et dont Salvien nous a laissé le trop fidèle tableau^ . Non seulement de nombreux monastères pullulèrent sur le sol africain, selon le vœu qu'en avait manifesté Augustin-, dans les terres et les jardins qu'abandonnaient à cette fin lesgrands propriétaires du pays ; mais le clergé séculier lui-même semble avoir imité en beaucoup d'endroits le modèle que lui offraient l'évêque d'Hippone et les frères qui