‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint Bernard (volume 4)Chapitre 179 sur 219 · Eplst. Paul, ad Alyp. in Op. Aug., t. II, p · texte numérisé non relu

Eplst. Paul, ad Alyp. in Op. Aug., t. II, p

2. On peut xoiràdinsV Histoire des Ordres religieux duV. Hélyot rénumération des nombreuses Congrégations et Ordres militaires qui suivent la règle de Saint-Augustin. Elle remplit les tomes II et III de ce grand ouvrage, édit. de 1714-1715.

Ce fut ainsi que, sans s'en douter, non content (le régner sur ses contemporains et sur la postérité par son génie et sa doctrine, il sut encore enrichir le domaine de l'Eglise d'un institut qui, après quatorze siècles écoulés, est resté, dans plusieurs de ses branches, fécond et glorieux.

Mais de son vivant même il put rendre à l'Eglise et à rOrdre monastique un service plus direct et non moins signalé. Telle est l'infirmité lamentable des choses humaines, que tout progrès dans le bien est toujours accompagné d'une recrudescence de la corruption originelle. Elle se déguise sous mille formes diverses et nouvelles ; mais elle reparait toujours, afin de mieux constater le mérite et la liberté du dévouement chrétien. Les abus de l'Ordre monastique avaient surgi au sein de la primitive ferveur de l'institut. Ils éclatèrent avec force au sein de la dépravation générale de l'Afrique, et à l'époque même où Augustin y apportait les prémices de son zèle et de son austérité. On vit les monastères se remplir d'un certain noml^re d'hommes échappés aux rudes corvées de la vie rurale ou municipale telle qu'on la subissait sous les derniers empereurs d'Occident, et qui venaient y chercher et y pratiquer l'oisiveté. Bien plus, il se forma une secte de moines hypocrites et fainéants, qu'on nomma les Massaliens^ et qui se mirent à errer

dans les campagnes et dans les villes, en mendiant, en Amendant ou étalant des reliques et des amulettes' . Ils prêchaient contre le travail, en invoquant le texte évangélique: « Voyez les oiseaux du ciel : ils ne « sèment point ni ne moissonnent , et votre Père cè- (( leste les nourrit : n'êtes- vous pas beaucoup plus (( qu'eux? » Et pour mieux ressembler aux oiseaux qui ne se dépouillent pas de leur plumage, ils laissaient croître leurs cheveux, à l'inverse des moines réguliers, pour qui la tonsure complète était déjà une sorte d'usage consacré. De là des scandales et des discordes. L'évêque de Carthage, dont le diocèse en était surtout troublé, conjura son collègue d'Hippone de confondre les imposteurs. Augustin le fit dans un opuscule célèbre intitulé De Opère monachorum, qui demeure comme l'exposé des motifs de cette loi du travail qui a fait la gloire et la force des moines, et aussi comme un arrêt irréformable prononcé d'avance contre les relâchements des siècles postérieurs.

Nous y trouvons de curieux détails sur la manière dont les monastères se recrutaient dès lors : « On (( voit arriver, » dit-il, « pour embrasser la profes- (( sion de religieux, tantôt des esclaves, tantôt des (( affranchis d'ancienne date, ou des gens à qui leurs (( maîtres ont donné la liberté pour qu'ils se fassent

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