‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint Bernard (volume 4)Chapitre 18 sur 219 · XXXVI LES MOLNES D'OCCIDENT · texte numérisé non relu

XXXVI LES MOLNES D'OCCIDENT

Ronde. » Dans ses songes d'adolescent, ce fils d'un marchand de laine avait vu la boutique de son père pleine de boucliers, de lances, de harnachements militaires, vision prophétique de la guerre qu'il devait livrer à l'ennemi du genre humain : et, au déclin de sa vie, les stigmates de la Passion dont il reçut l'empreinte semblaient aux yeux de ses contemporains les insignes et comme les armoiries du Christ, dont il s'était constitué le vaillant, l'invincible chevalier \

Et, comme le sacrifice de soi est le principe du courage militaire et la raison de ce prestige qui s'attache à la gloire militaire par-dessus toutes les autres gloires humaines; ainsi, dans Tordre spirituel, le sacrifice quotidien de soi par l'obéissance monastique explique et justifie la suprême estime que FÉglise a toujours accordée aux religieux. De là encore cette nécessité des assujettissements minutieux et continuels dans toute règle monastique.

1. Nocte ffuadam... viclebatur ei domuni suam tolam habere plenam... sellis, clypeis, lanceis, et caeteris apparatibus... Non coiisueverat talia in domo sua videre, sed pofius pannorum cumulos ad vendendum... Responsum est ei omnia hœc arma sua fore niilitumque suorum... Opportune multum arma traduntur contra Fortem armatum militipugnaturo. Thomas de Ceiano, Vita prima, ap. Bolland., t. II Oct., p. 685, — Eia nunc, strenuissime miles, ipsiusfer arma invictissimi ducis... Fer vexillum... Fer sigillum... Dux in niLlitia Ciiristifuturus, armis deberes cœlestibus signoque crucis insignibus decorari. S. Bonayent,, Vit. altéra, ibid., p. 779.

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comme dans toute armée la nécessité de ces règlements de détail sur la discipline, quelquefois puérils ou vexatoires en apparence, mais dont la moindre infraction en temps de guerre est punie de mort.

Ce courage chevaleresque qu'ils déployaient chaque jour contre le péché, contre leur propre faiblesse, les animait encore, quand il le fallait, à ['encontre des princes et des potentatsqui abusaient de leur autorité. C'est chez eux surtout qu'il faut chercher cette énergie morale qui inspire à l'homme la force et le besoin de résister à l'injustice, de protester contre les abus de la puissance, même quand ces abus et ces iniquités ne retombent pas directement sur lui. Cette énergie, sans laquelle toutes les garanties d'ordre, de sécurité et d'indépendance, inventées par la politique, demeurent illusoires, était inhérente au caractère et à la profession des moines. Dès les premiers temps de leur histoire, et au sein des abjectes bassesses de la cour de Byzance, on les signalait comme étant ceux d'entre tous les hommes qui parlaient avec le plus de liberté aux rois'. De siècle en siècle et tant qu'ils restèrent à l'abri des corruptions du pouvoir temporel, ils

1 . Hoc enim maxime genushominum summa cum libertate regibus collocuti sunt. — C'est ainsi que Montfaucon traduit le passage de saint Jean Chrysostome, Adv. oppugn. Vit. mon.,\). 85; éd. Gaurne.

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