Act. SS. 0. s. B., t. I, p
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des religieux d'alors, qui rompaient tout lieu avec leur famille en même temps qu'avec le monde, contraire surtout àTexemple de ces Pères du désert que Jean citait toujours pour modèles à ses moines. Mais Fesprit de charité l'emporte encore une fois : il fait venir sa mère à la porte du monastère, se présente devant elle avec les signes de la plus tendre vénération, et, sans lui parler, s'offre pendant quelque temps à ses regards, pour montrer combien il respectait les désirs du cœur maternel. Après quoi il rentre dans son cloître pour ne plus le quitter et pour mourir presque centenaire (539), en léûiuant son nom et sa chère mémoire à l'un des sanctuaires les plus anciennement vénérés par les Gallo-Francs ^ .
Depuis plus longtemps encore, l'Auvergne attirait déjà les regards par la sainteté des religieux qui la peuplaient. C'était le cœur de la Gaule ; c'était la patrie de ce jeune Yercingétorix, le premier héros de notre histoire, si pur, si éloquent, si brave, si magnanime dans le malheur, et dont la gloire, pour ne nous avoir été révélée que par son impitoyable vainqueur, n'en demeure que plus rare et plus chère à tous les cœurs bien placés. La belle plaine de laLimagne, dominée parle plateau de Gergovie,
, ChronoL Lerin., ap. Allikz, op. cit., t. I, p. 279. ■
oii CéscTT avait subi son unique échec, devait attirer tour à tour l'admiration et la convoitise de tous les envahisseurs. Énervés par le despotisme impérial, ces Gaulois, qui avaient conquis Rome avant d'être conquis par elle, et qui avaient opposé une si héroïque résistance aux légions de César, ne surent que se courber sans résistance sous le joug des conquérants barbares. Les Vandales n'avaient pas ('pargné l'Auvergne dans cette effroyable invasion des premières années du v® siècle, dont saint Prosper d'Aquitaine a dit que, si l'Océan tout entier se fut répandu sur les champs de la Gaule, ses vastes flots auraient fait moins de ruines'. Puis étaient venus les Visigoths, apportant avec eux Tarianisme et la persécution, condamnant les évêques et les prêtres à l'apostasie ou au martyre, livrant tous les sanctuaires à une dévastation sacrilège, et laissant après eux, selon le témoignage de Sidoine Apollinaire, les bœufs occupés à rmuiner dans les vestibules entr 'ouverts, et à paître l'herbe sur le flanc des autels renversés-. Mais au milieu de ces lamentables servitudes, une nouvelle vie et une liberté nouvelle commençaient à poindre : la ferveur chrétieime y avait jeté racine, elle disputait l'empire des âmes à la corruption romaine; elle y produisait