Bede, III
ET LA REXAISSANCL: NORTHUMBRIENNE. 27
aussitôt une école, où les enfants des Anglais recevaient, des moines venus avec Aïdan* , une instruction aussi avancée que celle des grands monastères irlandais. Quant au rachat des esclaves, il consacrait principalement à cette œuvre les dons qu'il tenait de la munificence des Anglo-Saxons, en s'attachant surtout à sauver ceux qui, selon l'expression de Bede, avaient été injustement vendus : ce qui signifie probablement ceux qui n'étaient pas des prisonniers étrangers ou qui n'avaient pas été condamnés à la servitude pour expier un crime. Car on a déjà dit, et il faudra redire encore, que les Saxons, comme les Celtes, ne se faisaient pas faute de vendre leurs frères et leurs enfants comme du bétail. Ces atfranchis étaient soigneusement instruits par Aïdan, rangés parmi ses disciples et souvent élevés au sacerdoce '. La barbarie était ainsi assaillie et minée jusque dans ses entrailles par ces moines, arrivant soit du nord, soit du midi, et par ces esclaves promus au rang des prêtres.
Le roi et Févêque rivalisaient de vertu, de piété, d'ardente charité pour la conversion des âmes. Grâce à leurs mutuels et infatigables efforts, chaque jour voyait la religion chrétienne s'étendre et s'en-
1. Imbuebantur prœceptoribus Scolis parviili Anglorum iina cura majoribus studiis et observalione disciplinae regularis. Bede^ Ul, 3.