Eddius, c
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bientôt pour le chef de sa race, et joignit , au nom des gens de Dieu ses exhortations à celles que le parlement northmnbrien adressait au roi dans l'intérêt national pour l'exciter à la plus yigom*euse résistance ^ . Elle fut triomphante : ce ne fut pas la Northumbrie, ce fut la Mercie qui devint tributaire. Egfrid lui arracha même toute une province pour en arrondir son royaume déjà si vaste, et ne permit aux Merciens de redevenir indépendants qu'après l'avènement du frère de Wulphère, Ethelred, qui avait épousé la sœur du vainqueur-.
Egfrid et Wilfrid étaient donc tous deux vainqueurs : F un, des ennemis qui au nord et au midi menaçaient son royaume ; l'autre, des dissidents qui occupaient une si grande portion de son diocèse. Pendant quelques années d'une alliance bien éphémère et qui devait aboutir à de cruelles inimitiés, ils combinèrent de leur mieux l'action de leur douljle autorité pour consolider l'édifice de la royauté northumbrienne et de la juste suprématie des usages romains sur les Celtes vaincus et les Merciens tributaires. Le jeune roi montrait une grande déférence pour le prélat déjà si célèbre qui avait été l'ami de son fi'ère aîné. Des récoltes d'une abondance inusitée semblèrent au peuple northumbrien un gage de la
1, Eddius, c. 19.
2, Bede, IV, 12. Voir les tableaux généalogiques A et C.
protection céleste, et, comme dans le reste de l'Angleterre, la concorde du sacerdoce et de la royauté, sous les auspices d'un grand évêque, parut inaugurer une ère de paix et de prospérité générale ^ .
Wilfrid n'usa de son ascendant que pour le bien des âmes, en commençant parla sienne. Il ne se laissait surpasser par personne dans la pratique des œuvres de piété et de mortification, que les nombreux soucis temporels dont il était accablé lui rendaient d'autant plus chères et d'autant plus nécessaires. Ses nuits passées en prières, ses journées passées à étudier les saintes Ecritures, édifiaient et surprenaient moins peut-être ses visiteurs et ses convives nombreux que ses jeûnes et ses abstinences. L'intempérance saxonne demeurait confondue par l'exemple de ce puissant personnage, le premier du pays après le roi, et qui néanmoins ne se permettait jamais de boire plus que le contenu d'une toute petite fiole quand il était le plus altéré et après une longue journée de marche par un soleil brûlant. Quant à la pureté du corps et de l'âme, il la croyait sauvegardée par l'usage qu'il s'était imposé de se baigner des pieds à la tête dans de l'eau froide, mais bénite, toutes les nuits, hiver et été : et il conserva cette habitude empruntée, peut-être à son insu, aux
1. Rex et regina simul Wilfrido obedienles facti, pax et gaudium in populis, anni frugiferi. Eddius, c. 20, 18.
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austérités du monachisme celtique* jusqu'à ce qu'un pape la lui interdit par égard pour sa vieillesse " .
Son zèle pour le bien était tempéré, alors du moins, par une grande modération. On nous dit expressément en parlant de cette époque de sa vie, qu'il s'était rendu cher à toutes les différentes races que comprenait son immense diocèse, depuis THumber jusqu'à la Clyde. Il multiplia de son mieux les prêtres et les diacres nécessaires aux nouvelles paroisses qui se formaient partout ; mais il se réservait à lui-même la principale part dans les fatigues et les obligations du ministère apostolique. Il parcourait, tantôt à pied tantôt à cheval, dans tous les temps et dans toutes les saisons, son immense diocèse, pour baptiser, prêcher jusque dans les moindres hameaux et surtout pour donner la confirmation. Partout des foules amies le poursuivaient et l'entouraient pour obtenir de sa main la grâce des sacrements^. Ce fut dans une de ces tournées que se produisit au village de Tiddafrey, un incident qu'il faut se garder d'omettre. Pendant que la cérémonie de la confirmation s'accomplissait, une pauvre mère désespérée d'avoir perdu son premier -