‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint Bernard (volume 5)Chapitre 115 sur 201 · Voir plus haut, page · texte numérisé non relu

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3. Bede, UI, 28; IV, 12. Cemoine s'appelait Eadheed: il futplus tard placé par Théodore à Ripon, pour mieux annuler l'action de Wilfrid dans la première de ses fondations.

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au centre même de ses adversaires ' . Toutes ces mesures portaient le cachet incontestable d'une réaction dans le sens celtique ; mais l'archevêque donnait pour raison que le diocèse était assez vaste pour occuper quatre évêques, et que ses revenus fourniraient aisément de quoi en nourrir trois, au lieu de subvenir au luxe d'un seul - .

Au premier bruit de cette atteinte au droit de l'Église et au sien, Wilfrid accourut, somma publiquement le roi et l'archevêque de s'expliquer sur les motifs qu'ils avaient de le dépouiller ainsi, non seu-

1. Il paraît plus probable, d'après Bede (JV, 12). que ce diocèse de Lindisfarne ne fut créé ou plutôt renouvelé qu'en 681 ; mais en supposant qu'ill'ait été dès fi78, il est certain que Wilfrid n'en accepta pas alors le gouvernement, comme il le fît quelques années plus tard. 11 ne faut pas confondre, comme l'a fait Fleury, ce diocèse de Lindisfarne situé en Bernicie , au nord de la Northumbrie, avec celui de Lindisfari, créé par Théodore et qui comprenait la province de Lindsey (aujourd'hui Lincolnshire), démembrement delà Mercie. — En 681, Théodore compléta son œuvre, en créant tout à fait au nord des pa\s conquis par les Anglo-Saxons, et sur les rives du Forth un dernier diocèse qu'il plaça dans le monastère d'Abercorn^ et qui devait comprendre tous les Pietés soumis à la domination northumbrienne. Le pays au nord du Humber se trouva alors divisé en cinq diocèses, York, Ripon, Hexham, Lindisfarne et Abercorn : on était encore bien loin des douze évêchés soumis à la métropole d'York, dont Grégoire avait prescrit la fondation à Augustin. Mais Théodore ne tenait pas à créer dans le nord une métropole rivale de la sienne. En revanche, il multiplia les évêchés au midi de l'Humber ; il divisa l'immense diocèse de Mercie en six :Zic/?j^eZrf,Leicester, Hereford, Worcester, Sydnacesterét Dorchester, depuis transféré à Lincoln. Sur ces six, les quatre dont les noms sont en italiques subsistent encore.

2. Praetendebat causam justitiœ ut inde très alerentur episcopi, unde unus tumebat. Guh.l. Malmesb., f. 149.

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lement de son autorité ecclésiastique, mais des domaines qu'il tenait des largesses du roi régnant, de son père et de son frère. « C'est, » leur dit-il , « un vrai <( brigandage » . Les deux potentats lui répondirent tout simplement : « Nous n'avons aucun crime à <( vous reprocher, mais nous ne changerons rien au « jugement que nous avons porté. — Alors, » répliqua Wilfrid, (( j'en appelle au jugement du Saint- <( Siège. » C'est la première fois qu'on entendait parler en Angleterre d'appel à Rome : mais Wilfrid se rappelait le Cœsarem appelle de saint Paul. Il préludait ainsi à ces grands appels et à ces luttes solennelles qui, après la conquête normande, remuèrentjtout l'Occident, en donnant tant ^ d'éclat aux pontificats de saint Anselme et de saint-Thomas de Cantorbéry.

Comme il sortait de l'assemblée royale, où il avait ainsi notifié son refus d'obéir, il se tourna vers certains adulateurs du prince qui s'applaudissaient en riant de sa disgrâce : ce A pareil jour dans un an , » leur dit-il, « vous qui riez aujourd'hui âmes dépens, vous pleurerez amèrement aux vôtres. » Et, en effet, l'année suivante, à pareil jour, tout le peuple d'York s'arrachait les cheveux et se déchirait les vêtements en signe de deuil, sur le passage du cortège funèbre du jeune frère et héritier d'Egfrid. A peine âgé de dix-huit ans, et déjà cher à tous les Angio-Saxons,

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ce jeune prince avait été l'hôte de Wilfrid à la dédicace solennelle de Ripon : il venait de périr dans une guerre contre les Merciens, où s'ouvrit la série des défaites dont se composa toute la suite du règne d'abord si prospère d'Egfrid * .

Ce qu'il y a de bien plus surprenant que le lâche acharnement de ces courtisans contre le fier et intrépide prélat, et ce qui est incontestable, c'est que Wilfrid ne rencontra aucun appui, aucune sympathie chez les grands et saints religieux qui forent ses contemporains. Non seulement l'illustre abbesse Hilda, protectrice du rit celtique, lui demeurait toujours implacablement hostile " ;mais aucun des grands abbés imbus à son exemple de l'esprit romain et bénédictin ne venait à son secours ; ni Benoît Biscop, aussi romain par le cœur et par ses nombreux pèlerinages à Rome que Wilfrid luimême; ni le pieux, humble et austère Guthbert, dont la sainteté éclatait dès lors dans le pays et le diocèse de Wilfrid, et alimenta pendant tant de siècles la dévotion populaire de l'Angleterre septentrionale. En dehors de sa propre clientèle, très nombreuse d'ailleurs et très passionnée pour lui,

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