‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint Bernard (volume 5)Chapitre 116 sur 201 · Eddius, c. 23. Cf. Bede, IV · texte numérisé non relu

Eddius, c. 23. Cf. Bede, IV

2. Ut pulant sit quanta miseria involvatmortales, quod illi viri quos sanctissimos célébrât antiquitas, Theodorus, Berthwalclus, Johannes, Bosa, nec non et Hilda abbatissadigladiabili odio impetierint Wilfridum. Guill. Malmesb., f. 152. Cf. Faber., p. 88.

toute cette Northumbrie, qui avait été le foyer et le théâtre des grands exploits de la propagande chrétienne des apôtres celtiques, lui demeurait hostile ou profondément indifférente. Cette indifférence, cette hostilité du pays, nées sans doute d^une susceptibilité excessive du sentiment national, se retrouveront plus tard dans l'histoire de saint Anselme et de saint Thomas Becket. C'est un trait de ressemblance qui ne doit échapper à personne entre ces grands hommes et le premier grand évêque de race anglaise.

Le lecteur moderne n'en demeure pas moins étonné de l'ignorance où était alors l'Église anglosaxonne des règles les plus élémentaires du droit canonique sur l'institution et l'inamovibilité des évoques. Une première fois, saint Wilfrid est remplacé à York sans jugement, avant même d'avoir pris possession. Saint Chad accepte sa place sans balancer; plus tard d'autres saints, Cuthbert, Bosa, Jean de Berverey, n'hésiteront pas davantage, et le métropolitain de Cantorbéry, lui-même inscrit au calendrier romain, consacrera toutes ces intrusions. Quand le Saint-Siège interviendra au profit du droit, ses décrets ne rencontreront qu'une adhésion équivoque ou tardive. Mais de tels étonnements, trop souvent suscités par l'étude consciencieuse de Thistoire, ne sauraient troubler les esprits sincères et

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sérieux. Si les dogmes et la morale enseignés par l'Église n'ont jamais varié, il a fallu bien des siècles pour donner à sa discipline et à son gouvernement la forme qui nous parait aujourd'hui la seule régulière. S'attendre à rencontrer dans ces temps primitifs, chez ces peuples jeunes et effervescents, la concentration monarchique ou l'uniforme docilité qui caractérisent de nos jours l'exercice de l'autorité ecclésiastique, c'est tomber dans la même erreur que ces naïfs historiens, naguère si répandus parmi nous, qui mesuraient la royauté de Glovis ou de saint Louis à l'aune de la monarchie de Louis XI Y.

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