Repente in medio sermone advoluta pedibus ejus, adjuravit
En effet , le cruel et belliqueux Egfrid fut remplacé sur le trône le plus important de la confédération anglo-saxonne par un prince lettré, qui soutint et répara de son mieux, pendant vingt années d'un règne long et prospère (685-705), l'antique éclat de la royauté northumbrienne, dans les nouvelles limites où l'insurrection victorieuse des Pietés l'avait restreinte, mais qui se signala surtout par son goût pour les lettres et les sciences. Aldfrid ^ avait passé sajeunesse à loua, dans cette retraite insulaire où son père Osvvy et son oncle Oswald avaient trouvé eux aussi un refuge dans leur jeunesse, et où l'on venait de transporter le corps sanglant du frère dont il allait ceindre la couronne. Pendant son exil prolongé et peut-être volontaire dans les monastères et les écoles scotiques, il s'était exercé dans la théologie et la dialectique, la cosmographie et toutes les études alors cultivées par les religieux celtiques. Il avait rapporté de son séjour à loua, de ses visites à Melrose et ailleurs, cette curiosité passionnée, cette libéralité prodigue dont il y a plus d'une trace chez les Irlandais du septième siècle et qui semble un souffle
eum. . . Cernis hoc mare magnum et spatiosum, quot abundat insulis ! Facile est Deo de aliqua harum sibi provideri, quem regno preeficiat Anglorum. Bede, Vita S. Cuthberti, c. 24.
1. On a déjà dit qu'il ne faut pas leconfondie avec Alchfrid, l'aîné des fils légitimes d'Osvvy et le premier anii de Wilfrid. Aldfrid était fils naturel, et probablement l'aîné des enfants d'Oswy.
avant-coureur de la Renaissance du quinzième ^ .
C'est à lui en même temps qu'à sa sœur, Fabbesse Elfleda, qu'écrivit l'archevêque Théodore, pour les exhorter tous deux à mettre de côté leurs inimitiés contre Wilfrid et à l'accueillir avec une charité sans réserve'.
Un- prince si épris des lettres ne pouvait rester sourd aux prières d'un archevêque qui ajoutait à son autorité, comme légat du Saint-Siège et primat de l'Eglise anglo-saxonne, le prestige d'une érudition et d'un zèle pour la culture intellectuelle audessus de tout ce qu'on avait encore vu en Bretagne. Aussi, dès la seconde année de son règne (686) , rappela-t-il Wilfrid enNorthumbrie, pour lui restituer d'abord le monastère de Hexham, avec toutes les paroisses environnantes, puis son évêché d'York, et enfin Ripon, qui était son asile de prédilection et le foyer de ses réformes. On comprend la joie desmoines que Wilfrid avait formés, qui peuplaient ces grandes communautés et qui avaient sans doute, chaque jour,
1. Vita hrevis S. Cuthberti, ap. Bolland., t. HI Mart., p. 141. — Vir in Scripturis doctissimus... Destructum regni statum quamvis intra fines angustioresnobiliter recuperavit. Bede, Hist., IV, 24. — Qui in regionibus Scotorum lectioni operam dabat, ibi ob amorein sapientiae spontaneumpassusexilium. Bede, Vit, Cuthberti, c. 14. — Abodio germanitulus, etmagno otio litteris imbulus, omniphilosopbia composuerat animum, Wilhelm. Malmesb., de Gest. Reg. c. 52.