‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint Bernard (volume 5)Chapitre 135 sur 201 · Eddius, c. 43. Eadmer, Vita S. Wilfridi, c · texte numérisé non relu

Eddius, c. 43. Eadmer, Vita S. Wilfridi, c

2. C'est ce qu'affirme Eddi (c. 32), contemporain et témoin de la plupart des faits qu'il raconte, tandis que Bede (IV, 3) et d'autres auteurs croient que saint Jean dit de Beverley, moine de Whitby, qui avait été placé à Hexbam en 685 par l'archevêque Théodore, fut transféré à York, lors du retour de Wilfrid. Il est probable que Bede a avancé de quelques années la nomination de Jean, qui fut incontestablement le successeur de Wilfrid à York, après son deuxième exil.

3. Tanta ecclesiam lUara tentationis aura concussit, utplurese fratribus loco magis cedere, quamtalibus vellent interesse periculis... — Puis en parlant du successeur de Wilfrid : Fugatisperturbationum procellis... sanavit contritos corde, et alligavitcontritioneseorum...

frid voulut profiter de son rétablissement pour porter un dernier coup aux traditions celtiques, à l'esprit d'indépendance dont les premiers apôtres scotiques de la Northumbrie avaient allumé le foyer dans cette île sainte. Il essaya d'y introduire des changements si insupportables aux moines anglo-saxons de l'école de Cuthbert et de ses maîtres, qu'ils annoncèrent l'intention d'imiter ceux de leurs confrères qui avaient abandonné Ripon lors de l'arrivée de Wilfrid. Ils aimaient mieux quitter le premier sanctuaire de la chrétienté et le berceau de leur institut en Northumbrie, que céder à la pression de leur nouveau supérieur. Lui-même comprit que la résistance serait insurmontable, et, au bout d'un an (688) , il abandonna Lindisfarne à un nouvel évêque , très savant et très charitable, qui pacifia tout ^

Sur ces entrefaites , la prédiction de l'archevêque Théodore s'accomplit : il mourut à l'âge de quatre-vingt-huit ans, après vingt-deux ans de pontificat (19 septembre 690). On peut faire aussi large que l'on voudra la part de blâme que mérite sa conduite envers Wilfrid ; elle ne peut guère s'expliquer que par la jalousie inspirée au métro-

quia post ejiis (Cuthberti) obitum repellendi ac destruendi essent cives, sedpost ascensionem minantis iise cœlestis protinus miseratione refovendi. Vïta S. Cuthberti, c. 39.

1. Bede, IV, 29. 11 s'appelait Fadbert et figure au martyrologe romain le 6 mai.

politain d'Angleterre par la splendeur et l'ascendant de l'immense évêché d'York sous un pontife tel que Wilfrid. Mais la postérité impartiale lui doit au moins la justice que lui ont rendue ses contemporains : elle doit reconnaître en lui un homme qui a plus fait qu'aucun de ses six prédécesseurs pour ^organiser et consolider l'Église d'Angleterre sur la double base de la suprématie romaine et de la cohésion des évêchés anglo-saxons entre eux par leur subordination à la métropole de Cantorbéry'. Nul évêque avant lui n'avait autant travaillé au développement intellectuel du clergé indigène comme à l'union des différentes dynasties anglo-saxonnes. Ce moine grec mérite donc d'être compté parmi les fondateurs de l'Eglise et de la nationalité anglaises ; et c'est à bon droit que, en l'ensevelissant avec sa coule de bénédictin en guise delinceul% dans la nécropole monastique de Gantorbéry, on le coucha en terre à la droite de saint Augustin, du moine italien qui était venu, un siècle plus tôt, jeter les premiers germes delà foi et de la civilisation chrétiennes dans l'âme du peuple anglo-saxon.

1. Tanlum profectus spiritalis terapore praesulatus illius Anglorum ecclesiae, quantum nunquam antea potuere, cœperunt. Bed V, 8.

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