‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint Bernard (volume 5)Chapitre 139 sur 201 · Eddius, c · texte numérisé non relu

Eddius, c

primitivement pour une colonie du noviciat celtique de Melrose, puis concédé à Wilfrid au détriment de ses premiers donataires, et qu'il avait dédié à saint Pierre comme pour bien arborer l'étendard sous lequel il entendait militer. Ses nouveaux adversaires prétendaient d'abord dépouiller d'une partie au moins de ses vastes possessions l'Eglise de Ripon, la vraie capitale du royaume spirituel de Wilfrid ; puis, l'ériger en évêclié nouveau, en morcelant pour la seconde fois le diocèse d'York, au profit des influences celtiques, mais au mépris de la sentence pontificale et des privilèges royaux qui avaient irrévocablement garanti à Wilfrid et à ses moines le maintien de cette communauté libre et exempte de toute autre juridiction^ . Wilfrid s'y refusa avec sa fermeté ordinaire. Puis on changea de batteries, et on lui reprocha de ne pas reconnaître tous les décrets rendus par l'archevêque Théodore connue légat du Saint-Siège. Il s'agissait évidemment des nouveaux évêchés érigés par Théodore dans le diocèse de Wilfrid. Avec une adresse digne d'un siècle plus civihsé, les théologiens duroinorthumbrienlui avaient appris à transformer le champion le plus dévoué de Rome en insurgé contre l'autorité du Saint- Siège , et à faire de l'archevêque qui venait de mourir

1. Liberlatem relinquere, quam sanctus Agatho et quique reges censuerunt fixe et firmiter possidere. Eddius, c. 43.

330 DEUXIÈME EXÏL DE WÏLFRID

réconcilié avec Wilfrid un adversaire non moins dangereux après sa mort que pendant sa vie. Wilfrid répondit qu'il reconnaissait volontiers les statuts promulgués par Théodore avant leur rupture et après leur réconciliation; c'est-à-dire tant que toutes les Eglises avaient été canoniquement unies ; mais non ceux qui dataient de l'intervalle où la division avait régné. C'en fut assez pour le faire traiter de rebelle, et pour qu'il dût se résigner à un nouvel exil.

C'était la troisième fois que Wilfrid se voyait dépouillé du siège épiscopal auquel le père et le frère du roi Aldfrid l'avaient régulièrement appelé vingt ans auparavant : et c'était le second exil qui lui était imposé parce qu'il n'avait pas voulu se prêter aux exigences des adversaires du droit et de la liberté monastique et ecclésiastique. Il alla se réfugier en Mercie, dans cette terre qu'il avait si souvent visitée du temps de sa sainte amie Etheldreda, où le grand monastère duBurg de Pierre, avec son indépendance désormais incontestée, lui rappelait d'anciens efforts heureusement accomplis, et où le roi Ethelred, définitivement ramené par la touchante lettre du vieil archevêque Théodore, et voyant en lui le représentant de l'autorité romaine, lui offrait une protection efficace avec une affection dont la fidélité ne se démentit plus^ . Ce roi l'appela bientôt à gouverner le

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