DERNIÈRES ANNÉES DE WILFRIÔ
Hexham à Ripon, il lui prit un évanouissement subit comme celui dont il avait été atteint à Meaux, et même encore plus terrible. On put cependant le transporter dans une maison au bord de la route, et là se passa une scène qui démontre à quel point il était aimé et comme quoi c'était à la fois un évêque, un roi, un père, qu'allait perdre cette vaste et puissante famille monastique dont il était le fondateur. Au premier bruit de son attaque, tous les abbés de ses nombreux monastères, et jusqu'aux anachorètes qui étaient sortis de ses fondations, accoururent à Hexham. Aucune distance ne les arrêtait : ils marchaient jour et nuit, interrogeaient les voyageurs qu'ils rencontraient, et continuaient, le pas allongé ou le cœur serré, selon que la réponse du passant leur apprenait que leur père était encore en vie ou qu'ils arriveraient trop tard. Tous voulaient encore voir une fois leur maître et leur père bien-aimé : tous voulaient joindre leurs larmes, leurs prières à celles de la communauté pour qu'il lui fut accordé de reprendre ses esprits et mettre ordre à sa succession, en partageant ses biens, et en désignant d'avance les supérieurs de toutes ses maisons ^ ; car partout son ascendant était tel, que tous ses moines avaient renoncé à la faculté d'élire leurs chefs, ce qui était cependant un des principes