Eddius, c
constitutifs de Tordre bénédictin. Ils furent du reste exaucés. Wilfrid revint à lui; mais, se tenant pour averti que le délai fixé par l'archange dans sa vision de Meaux allait bientôt expirer, il s'occupa de tout régler pour le temps où il ne serait plus. Étant arrivé à Ripon, en présence de deux abbés de ses monastères en Mercie et de huit moines d'entre ses plus dévoués, il fit ouvrir la porte de son trésor par celui qui en tenait les clefs. Il faut admirer l'inexpérience des persécuteurs et des spoliateurs de ces temps reculés, puisque, après ses deux exils, ses condamnations, ses longues absences, ce trésor, laissé en garde à quelques moines et souvent à des supérieurs ennemis, au centre d'un pays dont le gouvernement était depuis trente ans en lutte constante avec Wilfrid, contenait encore de quoi faire quatre grosses parts d'or, d'argent et de pierres précieuses, ce Très (c chers frères, » dit alors Wilfrid aux dix témoins de ses dernières volontés, « je pense depuis quelce que temps déjà à retourner une dernière fois (( près de cette chaire de Pierre d'où me sont venues (( la justice et la liberté, afin d'y finir ma vie; j'y (( porterai avec moi la meilleure de ces quatre parts « pour en faire l'offrande aux basiliques de Saintece Marie-Majeure et de Saint-Paul apôtre. Mais si, ce comme il arrive souvent aux vieux, je meurs ce avant d'avoir pu accomphr mon projet, je vous
(( enjoins à vous , mes fidèles , au nom de Jésus-Christ , « d'envoyer ces dons aux susdites églises. Des trois Ci autres parts, vous en répartirez une entre les (( pauvres de mon peuple pour la rédemption de (( mon âme. Une autre servira aux deux futurs (( abbés de Ripon et de Hexham, et les mettra en a mesure de se ménager par des cadeaux la face veur du roi et des évêques ; enfin la dernière est « destinée à ceux qui ont supporté avec moi les lon- (( gués fatigues de l'exil, et à qui je n'ai pas pu (( donner des domaines, afin qu'ils aient de quoi (( vivre après moi. » Ici il s'arrêta, vaincu peut-être par l'émotion ou la fatigue ; puis reprit au bout de quelque temps : « Rappelez-vous que je consti- « tue prieur du monastère de Ripon, pom^ me (( remplacer tant que je vivrai, et pour me succéder (( quand je serai mort, ce prêtre ïatbert, mon couce sin, qui jusqu'à ce jour ne m'a jamais quitté. Je ce fais tout ceci pour que l'archange Michel me ce trouve prêt quand mon heure arrivera ; et je sens ce qu'elle n'est pas loin ' . »
Ces dispositions faites, il fit sonner la cloche pour réunir toute sa famille monastique autour de lui. Quand tous les religieux furent assemblés dans la salle du chapitre, il y entra, s'assit au miheu d'eux, et leur dit : ce Votre prieur Celin a longtemps