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2. Bede, Yita, c. 35. — Je ne sais pourquoi les Bollandistes, Mabillon et M. Varin s'accordent à placer le monastère de Verca, non pas à Tynemouth. à l'embouchure de la Tyne northumbrienne, qui coule à Hexham et à Nevvcastle, sur le chemin de Whitby à Lindisfarnei mais à Tynningham, petit monastère fondé par saint Baldred {\ 606), toujours sur l'Océan, comme Tynemouth, mais bien plus au nord, à l'embouchure de la Tyne écossaise, qui traverse le Lothian et coule àHaddington. Les restes de ce très ancien monastère se voient encore
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Deux courtos années d'épiscopat avaient suffi pour le consumer. Après avoir célébré la fête de Noël 686 avec ses moines deLindisfarne, le pressentiment de sa mort prochaine le détermina à abdiquer Fépiscopat et à retourner sur son îlot de Farne, pour s'y préparer au dernier combat (janvier 687). Il s'embarqua donc pour regagner ce rocher, où il ne vécut que deux mois, dans la chère et douce solitude qui était sa joie suprême, mais dont il tempérait la douceur par un redoublement d'austérités. Quand ses religieux venaient le visiter dans cet îlot que la tempête rendait souvent inabordable pendant des semaines entières, ils le trouvaient amaigri, chancelant, anéanti. L'un d'eux, qui nous a laissé le récit des derniers temps de sa vie, put un jour le ranimer, en lui faisant boire du vin chaud ; puis s'asseyant à côté du pontife épuisé, sur son lit de pierre, pour le soutenir, il recueillit sur ces lèvres aimées les dernières
dans le parc du comte de Haddington. CeUe contrée était déjà rentrée sous la domination des Pietés, après la défaite d'Kgfrid et la fuite de l'évêque d'Abercorn avec toutes les communautés du pays. Le dernier historien du saint, Mgr Eyre, mieux avisé, et qui écrit sur les lieux, constate qu'il s'agit de Tynemouth, où il y avait deux monastères, l'un de moines au nord, et l'autre de religieuses au midi du fleuve. C'est aussi lavisdu savant et regrettable M. Joseph Robertson : il attribue l'erreur de Mabillon aux renseignements inexacts d'un prêtre du collège des Écossais à Paris, Thomas Innés, qui, bien que très instruit, avait la manie, si générale chez les Écossais^ de revendiquer pour sa patrie des sites et des personnages qui appartenaient à l'Irlande ou à l'Angleterre.
confidences et les dernières exhortations d'un maître si vénéré. Les visites de ses religieux lui étaient d'ailleurs fort douces, et de son côté il leur prodigua jusqu'au dernier instant les preuves de sa paternelle tendresse et de sa minutieuse sollicitude pour leur bien-être temporel et spirituel. Sa dernière maladie fut longue et pénible. Il fixa d'avance le lieu de sa sépulture auprès de l'oratoire qu'il ai ait creusé dans le roc et au pied d'une croix qu'il avait lui-même plantée : ce Je veux reposer, » dit-il, (( en ce lieu où j'ai livré mon petit combat pour (( le Seigneur, où je désire finir ma course, et d'où (( j'espère qu'un juge miséricordieux m'appellera (( à la couronne de justice. Vous m'ensevelirez dans « cette toile que j'ai réservée pour me servir de (( linceul, par amour pour Fabbesse Verca, l'amie (( de Dieu, qui me Ta donnée \ »
Il termina sa sainte vie, en prêchant la paix, l'humilité et l'amour de l'unité qu'il croyait avoir réussi à faire régner dans le grand sanctuaire anglo-celtique dont le nouvel abbé Herefrid lui demandait une der-
1. Vinum calefaciens aUuli... videbam namque in facie ejus quia multum jnedia simul et languore erat defessus. Compléta curatione resedit quietus in stratu : resedi et ego juxta eum... Pro amore dilectee Deo feminœ, quaehancmihi misit, Vercee abbatissœ, adobvolvendimi corpus meum reservare curavi. Vita^ c. 38, 37. — Ce linceul, reconnaissable à son extrême finesse, fut trouvé lors de l'ouverture de sa tombe en 1104, selon Reginald, De admiranclis, etc., c. 41.
nière parole en guise de legs pour sa communauté. « Soyez unanimes dans vos conseils, » lui dit d'une voix éteinte l'évêque mourant ; « vivez en bon accord avec (( les autres serviteurs du Christ ; ne méprisez aucun (( des fidèles qui viennent vous demander Fhospita- (( lité ; traitez-les avec une charitable familiarité sans (( vous estimer meilleurs que les autres qui ont la (( même foi et souvent la même vie. Mais n'ayez au- « cune communion avec ceux qui s'éloignent de l'u- (( nité de la paix catholique, soit par la célébration « illégale de la pâque, soit par laperversité de leurs (( mœurs. Rappelez- vous bien que, s'il vous faut (( choisir, je préfère infiniment que, prenant avec <( vous mes ossements, vous sortiez de ces lieux, (( plutôtque d'y rester pour vous courber sous le joug (( de l'iniquité schismatique. Apprenez et observez (( avec diligence les décrets catholiques des Pères et « aussi les règles de la vie monastique que Dieu a (( daigné vous donner par mon entremise . Je sais que (( plusieurs m'ont méprisé pendant ma vie ; mais <( après ma mort vous verrez que ma doctrine n'a (( point été méprisable. » Ces fortes paroles, cette allusion à son prédécesseur Colman, qui avait mieux mmé emporter en partant les ossements du saint évêque Aïdanque reconnaître l'unité rituelle avec Rome, ■montrent bien que cette unité avait dans le Celte Cuthbert un champion, moins impétueux et moins
entreprenant que Wilfrid, mais non moins résolu et non moins dévoué ^ .
Cet effort fut le dernier. Il perdit la parole, reçut en silence tous les derniers sacrements et mourut en élevant les yeux et les bras vers le ciel, à l'heure où Ton commençait à chanter matines, dans la nuit du 20 mars 687. Aussitôt un des assistants monta sur la cime du rocher, à l'endroit où l'on voit aujourd'hui un phare, et donna, en agitant une torche allumée, aux moines de Lindisfarne, le signal convenu qui devait leur annoncer la mort du plus grand des saints dont cette île fameuse ait à se glorifier. Il n'avait que cinquante ans, et en avait vécu trente-cinq sous la robe monastique.
Parmi ses nombreux amis, il y en avait un qui était le plus ancien et le plus cher de tous. C'était un prêtre, nommé Herbert, qui vivait en anachorète dans une île du lac de Dervventwater, un de ces beaux lacs qui font du Cumberland et du Westmoreland la contrée lapins pittoresque de l'Angleterre. Tous les ans il sortait du sein de son lac paisible pour aller visiter son ami dans l'autre île que battaient et minaient sans cesse les grosses vagues de la mer du Nord, et là, sur ce rocher sauvage, au murmure des vents et des flots , ils passaient quelques jours dans une douce et intime solitude, en s 'entretenant