‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint Bernard (volume 5)Chapitre 39 sur 201 · L'HEPTARCHIE CO>;VERTIE PAR LES NORTHUMBRIE^S · texte numérisé non relu

L'HEPTARCHIE CO>;VERTIE PAR LES NORTHUMBRIE^S

cilement les offenses. — Le premier évêque meurt de la peste et trente de ses amis vont mourir sur sa tombe. — Rechute des Est- Saxons dans l'idolâtrie. — Un nouveau roi et un nouvel évêque, élèves des Celtes, les ramènent à la foi.

IV. Mercie. — Influence du roi de Northumbrie et de l'évèque de Lindisfarne sur la conversion des Merciens. — Le fils du roi Oswy, marié à une fille du roi de Mercie, convertit le frère de sa femme et lui fait épouser sa sœur. — Les missionnaires celtiques en Mercie — Tolérance imprévue du féroce Penda à l'endroit de son fils et de ses sujets convertis. — Mais il continue ses dévastations en Northumbrie. — - Lutte suprême entre lui et Oswy. — Bataille de Windwaëd. — Défaite et mort de Penda, dernier héros flu paganisme saxon. — Oswy offre sa fille à Dieu comme rançon de la victoire et fonde douze monastères. — Triomphe définitif des IVorthumbriens et du Christianisme. — Conquête et conversion de la Mercie. — Ses cinq premiers évêques sortent des cloîtres celtiques. — Opposition des moines de Bardeney au culte du saint roi Oswald. — Les Merciens, insurgés contre les Northumbriens, n'en restent pas moins chrétiens.

RÉSUMÉ. — Des huit royaumes anglo-saxons, un seul est converti par les missionnaires romains exclusivement; quatre le sont par les moines celtiques seuls, et deux par l'action combinée des Celtes et des évêques envoyés de Rome. — 11 ne reste plus à conquérir que le Sussex, où une colonie celtique demeure sans influence.

Du sein des cloîtres de Lindisfarne et de ces régions où s'enracinait chaque jour dans les âmes la popularité de pontifes ascétiques, tels qu'Aïdan, et de rois martyrs tels qu'Osvvald et Oswin, le Christianisme northumbrien débordait sur les royaimies méridionaux. Est-ce à l'influence prépondérante des trois derniers Bretwaldas, tous les trois chrétiens et tous les trois northumbriens ; ou seulement à la force expansive de la propagande celtique, qu'il faut attribuer cet envahissement graduel? On

ne le saura jamais. Mais ce qu'on aperçoit distinctement, c'est l'action des pontifes et des missionnaires celtiques, allant partout remplacer ou seconder les missionnaires romains, et pénétrant partout où ceuxci n'avaient pas su arriver. Le fleuve de la parole évangélique se répand ainsi du nord au midi , et son cours lent et sûr atteint successivement tous les peuples de l'Heptarchie. La vie et la lumière s'infiltrent partout, et partout s'élèvent vers le Dieu vivant, en même temps que le sacrifice immaculé, les hymnes d'un peuple affranchi du joug de l'idolâtrie.

Constatons rapidement la marche de cette invasion pacifique des moines celtiques, formés à l'école du grand Columba, dans les royaumes anglo-saxons situés au midi de rHumber\

Conversion de l'Est-Anglie.

On a vu comment Edwin, le premier des Bretwaldas chrétiens de Northumbrie, avait usé de son influence sur le pays où il avait abrité son exil, pour

1. Il est indispensable de consulter, pour l'intelligence de ce chapitre, la carte qui se trouve dans le volume précédent.

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convertir le roi d'Est- Anglie. Malheureusement cette première conversion n'avait pas été plus durable que celle de la Northumbrie elle-même sous Edwin, Le roi chrétien Eorpwald avait été assassiné peu de temps après sa conversion', et ce royaume important, qui comprenait une si grande partie de l'Angleterre orientale, était retombé dans l'idolâtrie (633) . Cette loi singulière qui fait de l'exil, pour tant de princes anglo-saxons, le berceau de la foi et l'apprentissage de la royauté, se reproduit chez les Angles de l'Est comme chez ceux du Nord. Le frère du roi assassiné, Sigebert, exilé en France dès sa jeunesse, y avait été baptisé ; il y avait admiré et compris l'institut monastique. Rappelé dans son pays poiu* y régner (636) , il y apporta la vraie foi en même temps que la vie claustrale. Il y fut accompagné par un évêque bourguignon, nommé Félix, qui se mit à la disposition de l'archevêque de Cantorbéry, Honorius, et fut constitué par lui évêque et missionnaire des Est- Angles*. Pendant dix-sept ans, cet évêque d'outre-mer répandit assidûment dans ce nouveau diocèse la

1. De préférence à la chronologie des annotateurs deBede,jesuis pour ce qui touche à l'Est-Anglie, celle de la Chronique anglosaxonne, qui est aussi adoptée par les Bollandistes, dans la Vie de saint Félix (tom. I Marlii, p. 780).

2. Le siège de cet évêché fut d'abord établi à Dunwich, puis celle ville ayant été engloutie par la mer, transféré successivement à Elmham, à Thetford, et enfin à Norwich, où il subsiste encore.

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semence de la vie et de la félicité éternelle \ Gomme enNortlimiibrie, le roi et l'évêque travaillaient de concert à la propagation de la religion et aussi de l'instruction chrétienne, car ils fondèrent diverses écoles pour l'éducation littéraire des jeunes Anglais, à l'imitation de ce que Sigebert avait vu en France , et que Félix pourvut de maîtres , tirés de la grande école monastique de Gantorbéry. Plusieurs ont fait remonter à ces écoles monastiques l'origine de la célèbre université de Gambridge" .

Mais ils ne se contentaient pas d'imiter de loin la Northumbrie : ils entrèrent en relations suivies avec la nouvelle mission celtique de ce royaume. Le saint évêque Aïdan devint F objet de la respectueuse émulation du Burgonde Félix qui, comme lui, était venu d' au delà des mers pour é vangéliser les Anglais , et qui était encouragé dans cette déférence par l'exemple de l'archevêque Honorius lui-même, malgré l'attachement obstiné d' Aïdan aux usages celtiques, quant à la célébration de la Pâque, en opposition avec l'observance romaine, dont la métropole de Gantor-

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