‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint Bernard (volume 5)Chapitre 67 sur 201 · Voir plus haut, tome III, page · texte numérisé non relu

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donc le jeune et noble client de la reine au grand sanctuaire monastique de la Northumbrie, à Lindisfarne. Là Wilfrid gagna tous les cœurs, comme il avait gagné celui de la reine. Son humilité et son ardeur pour la régularité monastique , non moins que sa passion pour l'étude, le signalèrent à Faffectueuse admiration des cénobites. Il apprit bientôt tout le Psautier, dans la version de saint Jérôme, et s'appropria le contenu de tous les autres livres qu'il trouvait dans la bibliothèque du monastère ^

Les années de son adolescence s'écoulèrent ainsi à Lindisfarne ; mais, avant même d'avoir livré la moitié de ses longs cheveux aux ciseaux qui, en dépouillant le haut et le devant de sa tête, lui eussent imprimé la tonsure monastique selon l'usage irlandais, il crut reconnaître que tout n'était pas parfait dans les règles et dans les traditions celtiques dont Lindisfarne était le foyer et la citadelle en Angleterre ► Avec une sagacité fort admirée de ses historiens, il résolut de faire un voyage qu'aucun Angio-Saxon n'avait encore entrepris, et d'aller à Rome, non seulement pour y obtenir la rémission de ses péchés et les bénédictions de la mère desÉghses, mais aussi pour étudier les observances ecclésiastiques et monastiques suivies auprès de la chaire de Pierre. Les

1, Omnibus stalim in amore factus est.. . Eddius, c. 2.

religieux de Lindisfarne , informés par leur jeune élève de ce projet extraordinaire, non seulement ne l'en détournèrent pas , mais l'encouragèrent à l'accomplir ^ ; rien ne prouve mieux leur bonne foi et leur subordination implicite à Funité catholique. Wilfrid alla ensuite demander la bénédiction de son père, puis confier son idée à sa royale protectrice. La reine Eanfleda, réfugiée après le meurtre de son père dans le pays de sa mère, à Gantorbéry, était trop la fdle spirituelle des missionnaires romains , pour ne pas approuver le dessein de Wilfrid. Elle l'adressa et le recommanda vivement à son cousin germain, Ercombert, roi de Kent", en priant ce prince de garder auprès de lui le jeune pèlerin, jusqu'à ce qu'il pût lui trouver des compagnons convenables pour une si longue route. Arrivé à Gantorbéry (652), Wilfrid exerça sur le roi de Kent le même prestige que sur tous ceux qu'il avait connus depuis son enfance . Envoyant ce jeune et bel Anglais du Nord

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