Bede, 1. c
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l'Hibernie. Cette décision avait été surtout provoquée par les efforts d'un disciple et d'un descendant spirituel de Golumba, religieux, puis abbé d'un des grands monastères Columbiens en Irlande. Cet abbé, nommé Cummian^ avait dû se défendre contre les attaques que lui avait values sa partialité pour les usages romains, par une lettre apologétique qui a été conservée, et où son érudition se déploie à l'aise dans une foule innombrable de textes et de calculs : il se résume par ces mots décisifs : « Se peut-il imaginer une prétention plus perverse, plus ridicule que de se dire : Rome se trompe, Jérusalem se trompe, Alexandrie se trompe, Antioche se trompe, le monde entier se trompe : les Scots et les Bretons seuls ne se trompent pas ^? » Mais l'exemple de l'Irlande méridionale n'entraîna pas le nord de File, encore moins les Scots et les Pietés de la Galédonie. Les arguments de Cummian ne purent pas davantage convaincre le successeur direct de Columba, Tabbé d'Iona^ Lui et toute sa com-
1. Il ne faut par le confondre avec Cumin dit le Blanc {Cumineus albus) , abbé d'iona de 657 à 669, auteur de la plus ancienne biographie
de saint Columba.
2. Quid pravius senlire potestdeEcclesia maire quam sidicamus : Roma errât, Hierosolyma errât, Alexandria errât, lotus mondus errât: soli Scoti et Britones rectum sapiunt! Cummfamus Hibernus, Epist. de controversia paschaU,in Usserii Sylloge, II.
3. Segenius, descendant au quatrième degré du grand-père de Co ■ lumba, et quatrième abbé diona, de 623 à 652. — Cf. Lânigan, Ec-
munauté maintinrent avec acharnement le comput irlandais, et comme c'était précisément à cette époque que les missionnaires partis d'Iona rallumaient, en Northumbrie, le flambeau de la foi, éteint depuis la mort du roi Edwin et la fuite de Pévêque Paulin, on conçoit que les calculs erronés de la Pâque celtique y aient partout prévalu en même temps que la nouvelle doctrine. Il n'est pas même sûr que Wilfrid ait été informé de ce qui s'était passé de si favorable à ses vues dans la région d'Irlande la plus éloignée de la Northumbrie, car on n'en trouve aucune mention dans ses actes ou ses discours.
Tant qu'avait vécu saint Aïdan, le premier apôtre celtique de la Northumbrie, personne n'avait songé à blâmer sa méthode de célébrer la plus grande fête de la rehgion qu'il enseignait et qu'il pratiquait si bien. Soit qu'il ignorât lui-même la différence des deux rits, soit que tout en la connaissant il ne voulût pas s'écarter des usages de sa race et de son berceau monastique d'Iona, il n'en fut pas moins l'objet de la confiance et de la vénération universelle \ Sous son successem% l'évêque
clesiastical history of Ireland, t. II, p. 389 à 402. Dollinger, Kirchengeschichte, p. 221.
1, Le jugement deBede sur ce côté de la vie d' Aïdan mérite d être rapporté tout au long, tant à cause de ses réserves que de ses éloges:
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Fiiian, la question avait été soulevée par un des moines de Lindisfarne, Irlandais de naissance, mais qui avait voyagé et étudié en France et en Italie. Ce moine, nommé Ronan, était entré à ce sujet dans une lutte violente avecTévêque de Northumbrie. Il avait ramené quelques-uns à l'observance romaine de la Pâque, il en avait porté d'autres à étudier; mais quant à Févêque, farouche et passionné comme l'avait été quelquefois Golumba lui-même, loin de le ramener, les remontrances de Ronan ne servirent qu'à l'aigrir et à en faire un adversaire déclaré de la cause romaine"*.
Finan mort (662) en laissant pour successeur, à Lindisfarne, Févêque Golman, comme lui Irlandais de naissance et moine d'Iona, la lutte devint tout à coup flagrante et générale. Wilfrid avait réussi à semer l'agitation et l'incertitude dans les esprits ; les Northumbriens en étaient venus à se demander si la religion qu'on leur avait enseignée et qu'ils pra-
Quod autem pascha non suo tempore observabat, vel canonicum ejus tempus ignorans, vel susegentisauctoritate ne agnitum sequereturdevictus, nonadprobo, nec laudo... Hsec dissonantia paschalis observantiaî vi vente yEdano patienter ab omnibus tolerabatur qui patenter intellexerant, quia et si pascha contra morem eorum qui ipsum miserant facere non potuit, opéra tamen fidei, pielatis et dilectionis, juxla morem omnibus sanclis consuetum, diligenter exsequi curavit, unde ab omnibus etiam his qui de Pascha aliter sentiebant, meritodiligebatur. III, 17, 25.