Bede, III
tiquaient était bien la religion du Christ dont elle portait le nom * .
Les deux rois northumbriens s'en mêlèrent en sens opposé. Oswy, le glorieux vainqueur de Penda, le libérateur de la Northumbrie, le conquérant et le bienfaiteur de la Mercie, le Bretwalda ou suzerain militaire et religieux de la confédération anglosaxonne, devait naturellement exercer mitout autre ascendant que son fils adolescent, associé par lui à la royauté. Or Oswy, baptisé et élevé par les moines celtiques, parlant parfaitement leur langue, et désirant probablement se concilier les nombreuses populations celtiques qui vivaient sous ses lois, depuis la mer d'Irlande jusqu'au golfe d'Edimbourg, ne concevait rien au-dessus des enseignements de ses maîtres. Cependant il avait à combattre dans l'intérieur de sa famille, non seulement son fils Alchfrid, tout enflammé pour la doctrine romaine par son maître et son ami Wilfrid, mais encore la reine Eanfleda, qui n'avait pas eu besoin du prestige de Wilfrid pour être tout entière à la cause romaine, car en revenant de son exil pour épouser Oswy, elle avait amené avec elle un prêtre de Cantorbéry , Romain de nom et encore plus de cœur, qui présidait à ses exercices religieux. Sous la direction de ce Romain, la reine avec toute