‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint Bernard (volume 5)Chapitre 92 sur 201 · Bede, m · texte numérisé non relu

Bede, m

2. Oppida, riira, casas, vicos, castellaproplerevangeli/andum,non equilando... peragrare. Bede, Uf, 28.

des adversaires celtiques de Wilfrid aient tenté de revenir siu* les décisions de rassemblée de Whitby et de maintenir ou de rétablir, soit l'observance celtique de la Pâque, soit la tonsure d'une oreille à l'autre. Il est probable que l'opposition de plus en plus violente qui se déclara contre Wilfrid eut beaucoup moins pour objet la doctrine ou les pratiques romaines que des questions personnelles. On lui envoûtait de son ascendant précoce, et surtout de ses procédés violents contre les Irlandais ou leurs disciples; car il est constant que, partout où il le put, il ne laissait à ceux-ci que l'alternative de renoncer à leurs usages ou de rentrer dans leur patrie \

Ainsi dépossédé de son siège, Wilfrid reprit tous ses avantages par la modération et la dignité de son attitude. Il n'avait encore que trente ans : sa jeunesse aurait pu excuser une irritation, un emportement facile à comprendre en présence d'une injustice si manifeste. Mais loin d'y céder, il montra la prudence et la maturité de l'homme d'Etat en même temps que l'humilité et la charité du saint. Lui si rigide observateur des canons, si scrupuleux à F égard des irrégularités liturgiques, avait ici à combattre un abus de pouvoir inexcusable, une violation directe

1. Bede, III, 28. — Thom. de Elmham, Hist,monast> S. Augustinî, p. 198.

des lois de l'Eglise ; il avait à revendiquer un droit évident, solennellement conféré par la royauté et la nation northumbrienne, et solennellement consacré par FEglise. Il aima mieux se taire, s'effacer, se fier à la justice de Dieu et de l'avenir. C'est le saint qui commence à se montrer, et qui nous intéresse d'autant plus, que le pieux usurpateur de son siège était dès lors, il ne faut pas l'oublier, compté parmi les saints et placé par la vénération publique au rang où l'a maintenu pendant neuf siècles la vénération des catholiques anglais.

Wilfrid, dont le caractère épiscopal ne pouvait être méconnu par personne, mais qui n'avait plus de diocèse, se retira paisiblement et même joyeusement au monastère de Ripon, qu'il tenait de la' générosité du jeune roi Alchfrid, et y vécut dans l'étude et dans la retraite^ (665-669). Il faut supposer que son ami Alchfrid alla l'y consoler, si toutefois il vivait encore au retour de Wilfrid, car à ce moment il disparaît de l'histoire sans qu'on nous dise rien de sa mort. Mais Wilfrid ne put demeurer longtemps dans son monastère. Wulphère, le roi de Mercie, le fondateur de Peterborough, l'appela dans son royaume, où pour le moment il n'y avait point d'évêque*.

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