‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint BernardChapitre 102 sur 274 · F.pist., X · texte numérisé non relu

F.pist., X

3. Ciun adclericalemprofessionem, tam exEcclesiastica quamex seeculari militia, quotidie pôeiie innumerabilis mulUtudo conflueret, nequaquam eos ad Ecclesiastici decoris offîcium, sed adcapiendum soliimmodo monachicum propositum... suscipiendos censebat. Joan.

pouvaient se faire moines, d'après une loi de Justinien, sans le consentement de leurs maîtres ; mais il fallait les affranchir en payant à ceux-ci leur valeur : l'esclave devenu moine qui se montrait infidèle à sa nouvelle vocation risquait d'être renvoyé à son ancien maître ' .

Dans toute cette vaste correspondance par laquelle Grégoire prit en quelque sorte possession de l'Occident pour la papauté, je ne sais s'il existe une lettre plus touchante que celle qu'il adressait au sous-diacre de l'Église romaine en Gampanie, au sujet d'une jeune esclave qui voulait se faire religieuse. (( J'ai appris que le défenseur Félix possède une jeune fille, nommée Gatella, qui aspire avec larmes et un véhément désir à l'habit religieux.

DiAc, II, 16. — Multos de Ecclesiaslica familia seu Sceculari militia novimus ad omnipotentis Dei servilium festinare, ut ab humana servitute liberi in divino servitio valeant familiarius in monastcriis conversari... Necesse est ut quisquis ex juiis Ecclesiastici vel seecularis militite servitute Dei ad servitium converti desiderat probeturprius in laico habita, et si mores ejus... in monasterio, servire permittatur, ut ab humano servitio liber recédât qui in divinoamore districtiorem subire appétit serviluteni. Epist., iv, 44, éd. ColletlL Append. v. éd. Bened. — Mabillon {Ann. Bened., I. vm, c, 64), Fleury (1. xxxv, c. 43), et Lau (p. 236), sont tous d'accord pour appliquer aux esclaves les ternies de ce décret. II faut s'incliner devant de si graves autorités, et cependant, en rapprochant ces termes du passage de Jean Diacre que nous citons en léte de celte note, on serait tenté de croire qu'il s'agit non pas de ceux qui fuyaient la servitude proprement dite, mais seulement le service ordinaire de l'Église et de l'État, ou de la vie séculière. 1. Episl. V, c. 34.

mais que son maître ne veut pas le lui permettre. Or, je veux que vous alliez trouver Félix, et que vous lui demandiez l'âme de cette fille ; vous lui en payerez le prix voulu et vous l'enverrez ici par des personnes graves qui la conduiront au monastère. Et faites cela vite, afin que votre lenteur ne fasse courir aucun danger à cette âme ' . »

Ses efforts pour la propagation de l'Ordre bénédictin furent aussi efficaces que constants.il consacra une portion du patrimoine de l'Eglise à fonder de nouveaux monastères en Italie. Il en construisit pour la première fois dans l'île de Corse. Il confia à des moines la garde et le service de plusieurs anciennes églises, comme celle de Saint-Pancrace à Rome et surtout de Saint- Apollinaire ou de Classe^ près de Ravenne, basilique célèbre et somptueuse, construite par Justinien au chef-lieu de la domination des Byzantins et des Ostrogot hs en Italie, et sur le site choisi par Auguste pour ser^dr de port à ses flottes de l'Adriatique". Ce nouveau monastère, destinée devenir l'un des principaux foyers de la vie religieuse en Italie, reçut de Grégoire les privilèges les plus étendus, pour le protéger contre les envahissements du clergé de Ravenne, qui s'était signalé par son âpreté à envahir les monastères

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