JoAN. Duc , II
personnes considérables de la ville, de façon à faire regarder l'Église comme le grenier de tout le monde'. 11 avait organisé avec un zèle perspicace le service régulier de la charité dans Rome, et tous les jours des voitures parcouraient les divers quartiers et les rues pour porter des secours aux malades et aux pauvres honteux^ ; à ceux-ci, il envoyait des plats de sa propre table, qu'il bénissait à l'adresse de ses amis indigents avant de toucher à son repas. Deux siècles après sa mort, on conservait encore le volumineux catalogue des pauvres qui participaient à ses aumônes, tant à Rome même que dans les villes des environs et des bords de la mer^ Un mendiant ayant été trouvé mort dans un quartier l'eculé, il craignit que cet infortuné ne fat mort de faim, et, se reprochant d'avoir été son meurtrier, il s'abstint pendant plusieurs jours de célébrer la messe.
Cet homme, si sensible aux douleurs d'autrui, était lui-même en butte aux plus cruelles infirmités. La goutte fit des dernières années de sa vie une sorte de martyre. Le cri de la souffrance éclate dans beaucoup de ses lettres : « Me voici depuis bientôt deux ans », écrit-il au })atriarche d'Alexandrie,