‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint BernardChapitre 119 sur 274 · Pater vero peiTidus et parricida. S. Grec, loc. cit · texte numérisé non relu

Pater vero peiTidus et parricida. S. Grec, loc. cit

2. Jo\NNis abhatis Biclarensis Chronic. ap. Hispania illuslr.^ 1608, t. IV, p. 137.

légat du pape, présidait cette grande assemblée, où siégèrent soixante-dix- huit évoques et dont les délibérations furent aussi éclairées par un autre uioine, Eutrope, abbé de ce monastère de Servitanum qui passait pour le plus ancien de l'Espagne. Un troisième religieux, Jean, exilé conuneLéandre, et qui s'était consolé de son exil en fondant un grand monastère sous la règle de Saint-Benoit en Catalogne, enregistrait l'immense transformation dont il était témoin, dans une chronique qui ouvre la série des historiens monastiques de l'Espagne'.

Ainsi s'effectua dans la péninsule, sous les auspices d'un grand pape et d'un grand évêque, tous deux moines et tous deux amis, le triomphe de cette orthodoxie dont le peuple espagnol fut pendant dix siècles le chevalier, et dont il a gardé, même au sein de sa longue déchéance, l'instinct et la tradition.

Léandre s'empressa d'annoncer le triomphe de la vérité et la solide conversion du roi son neveu à Grégoire, qui se montra toujours affectueusement préoccupé de la nouvelle conquête de l'Eglise. Il recommandait à Léandre de veiller attentivement surTame du prince, atin que l'orgueil et l'impureté

1, s. l&moRi De Script. Eccl.M.xni\îi\, De reb.Hispan.,\. v, c. 13- — Voir sur l'emplacenienl de ce monastère de Biclar ou Villaclara la lettre de l'évêque de Barcelone, dans Mabillon, Ann. Bened., 1. m. c. 35. Le texte rectifié et longuement commenté de sa Chronique se trouve dans Florez, t, VL l>. 375.

ne vinssent pas souiller sa jeune orthodoxie. Récarède entra en relation directe avec le pape. Afin de se rendre plus agréable au pontife qui avait appris dans le cloître à gouverner l'Église, il prit pour intermédiaires des abbés qu'il choisit avec soin dans les monastères espagnols ^ et à qui il confia les présents qu'il destinait à Grégoire. Mais ils firent naufrage et perdirent tout sur des rochers près de Marseille. Récarède ne se découragea pas et envoya plus tard un calice d'or au pape avec une lettre en latin semi-barbare, mais pleine d'effusion. Il y prie le pape, qui écrivait à tant de monde, de lui écrire aussi, et ajoute : « Ceux qui sont divisés par la terre et la mer, la grâce de Jésus-Christ semble souvent les coller l'un à l'autre : ceux qui ne vous ont jamais vu jouissent de votre bonne renommée. N'oubliez jamais de nous recommander à Dieu, moi et mon peuple, que vous avez vu gagner de votre temps au Christ : la largeur du monde nous sépare, mais que la charité nous unisse! » Comme les rois francs, Récarède \oulut ensuite employer les bons offices du pape auprès de la cour de JBy zance, en qui tous ces princes barbares voyaient toujours un reflet de l'antique grandeur romaine. Grégoire, de son côté, lui répond avec affection et avec détail : il insiste sur les conditions du salut

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