E. deRozikre, Formules vingothiques, introd
dant qu'on le croyait à l'agonie, suivant une dévotion du temps habituelle à ceux qui voulaient faire pénitence publique avant de mourir. Etant revenu à la santé, il se crut obligé de ratifier le vœu qu'il avait semblé faire ^ et de désigner pour son successeur le comte Erwige, le fils de celui-là même qui l'avait empoisonné. Il entra dans un monastère, y vécut encore sept ans, saintement docile à ses nouveaux devoirs; cependant les évoques réunis au douzième concile de Tolède déliaient ses sujets du serment de fidélité et prononçaient l'anathème contre les ennemis du nouveau roi. Ils décrétèrent ensuite un canon où il est question de ceux qui, ayant désiré la pénitence (c'est-à-dire la tonsure et l'habit monastique) pendant qu'ils se portaient bien et l'ayant reçue sans l'avoir demandée pendant leur maladie, voudraient retourner à la vie militaire, sous prétexte qu'ils ne peuvent être astreints à un vœu qu'ils n'ont pas fait : ce retour leur est formellement interdit, parce qu'on les regarde comme engagés de même que les enfants qui ont reçu le baptême sans connaissance. Mais le même canon défend aux évêques de donner la pénitence à ceux qui ne la demandent pas, sous peine d'une année d'excom-
1. Sive, dit Mariana (De Reb. Hisp., yl 14), animi magnitudine nirsiis spernentis quse alii per ignés ferrumque petiint; sive desperationft regnum reciiperandi, cumErwigins renim potireUir.
iiifeiniccition'. Tout est obscur et étrange clans cette histoire, qui toutefois tient de trop près aux annales monastiques pour être passée sous silence. Ce n'était pas du reste la première fois que l'on forçait en Espagne les rois à se faire religieux : un siècle plus tôt, r avant-dernier roi des Suèvcs avait été fait moine malgré lui par un usurpateur ; et celui-ci avait été aussitôt après attaqué et vaincu par Léovigilde, qui le força de se faire moine à son tour, el réunit la royauté des Suèves à celle des Visigotlis. Mais Léovigilde était un persécuteur arien, et un concile ordiodoxe pouvait chercher de meilleurs exemples".
Précisément dans ce pays des Suèves, pendant les deux premiers tiers du vu® siècle, le véritable esprit monastique brillait de tout son éclat dans saint Fructueux, (c Dieu créa en son temps, » dit un moine contemporain, « deux grands soleils pour illuminer les plages occidentales des rayons de cette vérité fulgurante qui jaillit du siège apostolique : l'un, Isidore de Séville, par son éloquence, ses écrits, sa sagesse, son active industrie, fait rehiire