‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint BernardChapitre 134 sur 274 · Vita S. Iructuosi, c · texte numérisé non relu

Vita S. Iructuosi, c

MOINES d'occ, h. 15

glise. On ne dit pas si ce fut pour demander à Dieu de punir le cruel ; mais celui-ci tomba bientôt malade, et fit demander à Pabbé de venir à son aide. Fructueux se vengea noblement et en chrétien : il alla guérir le meurtrier de sa biche, et lui rendit la santé de l'âme avec celle du corps\

On aime à voir ces gracieuses et innocentes tendresses dans des temps si rudes comme dans ces fortes âmes, nées pour régner €t pom^ entraîner les peuples à leur suite. L'exemple du jeune seignem^ goth que l'amour de la pénitence avait poussé dans la solitude devint si contagieux, qu'il lui fallut construire bien d'autres monastères pour recueillir le choeur immense de convertis qui se pressait sur ses pas^. Le nombre en devint si grand, que le duc d'une des provinces écrivait au roi pour le prévenir que, si l'on n'y mettait quelque obstacle, le pays serait dépeuplé et qu'il ne resterait plus personne poiu* remplir les armées. Des familles entières se retiraient avec leurs esclaves dans des édifices consacrés, où, maîtres et serviteurs, hommes et femmes, pères, mères et enfants, prenaient à la fois l'habit monastique, élisaient un abbé, et vivaient pêle-mêle à l'abri du cloître. En vain Fructueux cssayait-il de lutter contre ces excès : tout ce qu'il

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