‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint BernardChapitre 135 sur 274 · Ibid., c · texte numérisé non relu

Ibid., c

put obtenir, c'est que les pères et les fils d'un côté, les mères et les filles de l'autre, occupassent des édifices séparés'.

Car les femmes imitaient les hommes : Fructueux reçut un jour une lettre par laquelle une jeune fille de race noble, nommée Bénédicte, fiancée à un garding, c'est-à-dire à l'un des principaux officiers de la cour des rois visigoths, lui annonçait qu'elle s'était sauvée de la maison paternelle, qu'elle errait dans les bois non loin de son monastère, et qu'elle le suppliait d'avoir pitié d'elle comme d'une brebis qu'il fallait arracher à la dent du loup. Il l'accueillit, lui fit bâtir dans la forêt une petite cellule qui devint bientôt le centre d'une communauté de quatre-vingts religieuses où les mères venaient souvent se réunir à leurs filles pour se consacrer à Dieu. Le garding essaya en vain de récupérer sa promise : il força la supérieure du nouveau monastère de lui présenter celle qui l'avait fui : elle vint, mais refusa de le regarder, et lui resta muet en sa présence. Alors le juge royal lui dit : (( Laissez-ia servir le Seigneur et tàcliez de trouver une autre femme " » .

Nous ne pouvons reproduire tous les traits mer-

1. P.Varin, ap. Mémoires présentés par divers savants à VAcad. des Inscriptions, tome V, V série, ii^ part., p. 83.

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