‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint BernardChapitre 138 sur 274 · CHAPITRE PREMIER La Gaule conquise pas les Francs · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER La Gaule conquise pas les Francs

État de la Gaule sous l'empire romain. — Bienfaits relatifs de l'invasion des Barbares. — Les Francs arrêtent et refoulent les autres Barbares. — Caractères de la domination des Francs dans la Gaule : égalité des Gaulois et des Francs. — Contact funeste de la barbarie franque avec la dépravation des Gallo- Romains. — La noblesse des deuK races tient tête aux rois, qui penchent vers l'autocratie et la fiscalité romaines. — Les Francs échappent seuls à l'arianisme : ils respectent la liberté de la foi. — Munificence des Mérovingiens envers les monastères, étrangement mêlée à leurs vices et à leurs crimes. — Les moines viennent assurer l'influence civilisatrice de l'Église sur les Francs.

Nous avons dépasse la marche du temps pour indiquer ce que doivent les institutions monastiques au plus grand des papes et ce qu'elles devinrent dans la péninsule Ibérique, sous des pontifes imbus de son esprit. Il nous faut maintenant reculer d'un siècle et franchir les Pyrénées et les Alpes, afin de concentrer notre récit dans la Gaule, dans cette contrée où ]Marmoutier et Lérins, Coudât et d'autres grandes fondations, n'avaient pas suffi pour épuiser

la sève monastique, et que la Providence destinait à fournir au grand arbre bénédictin ses rameaux les plus vigoureux et les plus féconds.

Glovis avait commencé à régner sur les Francs Saliens en l'année même où naissait saint Benoit, et pendant toute la durée de la vie du patriarche, la Gaule disputée par des Francs aux Gotlis et aux Burgondes avait de plus en plus subi la puissante étreinte des Mérovingiens et de leurs bandes conquérantes. On sait quels furent les maux qui accompagnèrent cette conquête. Mais ce qu'il faut encore moins oublier, c'est l'état où la domination romaine avait réduit la Gaule, quand les Francs venus les derniers après tant d'autres barbares, en firent leur proie. Sous les empereurs, Rome avait porté la corruption dans toutes les provinces du monde conquis sous la République. On voit dans Tacite que le siège de toute administration romaine était une école permanente d'oppression et de dépravation, où régnaient l'avarice et la sensualité, toujours insatiables et toujours impunies'. De ces vieux Gaulois qui avaient inondé l'Espagne, l'Italie, la Grèce et jusqu'à l'Asie Mineure; qui avaient rempli le monde du fracas de leurs armes et de la terreur de leur nom ; qui avaient conquis Rome ; que

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