‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint BernardChapitre 170 sur 274 · Lib. V, Prologiis · texte numérisé non relu

Lib. V, Prologiis

2. Gontran, fils de Clolairel^', roi d'Orléans, puis de Boui-gogne, fonda, vers 577, à la porte de sa nouvelle capitale de Chalon-sur- Saône, une abbaye célèbre sous l'invocation de saint Marcel, au lieu même où ce martyr fut immolé par les Romains, et où il resta pendanttrois jours vivant, à moitié enterré dansune fosse, priant pour ses bourreaux et pour cette terre de Bourgogne qu'il fécondait de son sang. Dans son diplôme de fondation, Gontran dit : « Je vois avec c( douleur qu'en punition de vos péchés les églises fondées pour le

moines et créateurs de nouveaux monastères ; les autres, comme Ghilpéric et son fils, livrant dans leurs inclussions au midi de la Loire les sanctuaires monastiques aux flammes, les moines à la mort ou à l'exil, et les religieuses à la brutale luxure de leurs soldats'. Mieux vaut toutefois suspendre une trop aride nomenclature, pour nous arrêter un moment sur la noble attitude d'un moine galloromain^, que Grégoire avait beaucoup connu, dont il nous a laissé la biographie, et chez qui la vie

« service de Dieu dépérissent par l'ambition démesurée des princes « et la trop grande négligence des prélats... » U voulut que la nouvelle abbaye fût réglée sur le modèle d'Agaune, le grand monastère du royaume burgonde qui avait précédé la Bourgogne mérovingienne, et il y introduisit par conséquent Va Psalmodie perpétuelle. Il fit de même à Saint-Bénigne, monastère élevé à Dijon sur la tombe d'un autre apôtre et martyr de la Bourgogne. Gontran se fit enterrer dans l'abbaye qu'il avait fondée, comme l'avaient été son père Clotaire à Saint-Médar4, et son oncle Childebert à Saint-Germain des Prés. Saint-Marcel, réduit en prieuré de l'Ordre deCluny en 1060, a été depuis célèbre par la retraite et la mort d'Abélard.

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