‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint BernardChapitre 169 sur 274 · Hist. Eccl.Franc.,iu · texte numérisé non relu

Hist. Eccl.Franc.,iu

2. Récits mérovingiens de M. Augustin Thieuuy, qui a, du reste, rendu la plus éclatante justice au talent et au caractère de son modèle.

2. Haud constat, dit Mabillon, An». Bened., lib. viir, c. 62.

nierions à pouvoir revendiquer, pour l'Ordre monastique, sa gloire si pure; ce qui est certain, c'est qu'il fut de beaucoup le plus honnête et le plus illustre personnage des temps qui l'ont eu pour historien. Attristé et quelquefois découragé à l'excès par les horreurs dont il fut le témoin et l'annaliste, son âme demeura toujours supérieure à sa fortune et même à son talent. Sans perdre de vue le respect profond que les traditions de sa famille et ses prédilections romaines lui inspiraient pour la puissance souveraine, il n'hésita jamais à tenir tête, quand il le fallait, aux petits-fils de Glovis et surtout à ce Ghilpéric, qu'il appelle THérode et le Néron de son siècle ; tyran atroce et ridicule, qui rêvait, entre tous ses forfaits, d'augmenter le nombre des lettres de l'alphabet et de réduire celui des personnes de la Trinité.

Grégoire travailla de son mieux, non pas à une unité monarchique que nul ne rêvait alors, mais à l'miion des princes de la race mérovingienne, seul moyen de consolider et de justifier la domination franque dans les Gaules. L'histoire de France a inspiré peu de pages plus belles que ce préambule de son cinquième livre où, s'adressant à tous ces princes sans frein dans la férocité comme dans la mollesse, il s'écrie :

« Je suis las de raconter toutes les vicissitudes

de ces guerres civiles qui dévastent la nation et le royaume des Francs... Que faites-vous donc, ô rois! Que voulez- vous? que cherchez-vous? que vous manque-t-il? Vous habitez des maisons de délices , vos celliers regorgent de vin , de blé , d'huile , et vos coffres d'or et d'argent. Une seule chose vous manque, la grâce de Dieu, parce que vous ne voulez pas la paix. Pourquoi toujours prendre ou convoiter le bien d'autrui?... Si la guerre civile fait tes délices^ ô roi ! livre-toi donc à celle que l'Apôtre nous révèle dans le cœur de l'homme, à la guerre de l'esprit contre la chair : fais vaincre tes vices partes vertus; et alors, affranchi, tu serviras librement le Christ, qui est ton chef, après avoir été l'esclave enchaîné du mal^ ».

Du sein des récits si vivants et si variés du père de notre histoire, il serait facile de glaner des faits qui se rattachent à notre sujet, et de montrer parmi les petits-fils de Clovis, les uns, comme Gontran de Bourgogne" et Sigebert d'Austrasie, amis des

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