GRÉGOIRE DE TOURS ET SES RÉCITS
de ce jeune aveugle Hervé, dont nous parlions tout à r heure ^ après avoir consenti pendant sept ans à le laisser vivre loin d'elle dans un cloître, où il apprit à exceller dans le chant, alla le rejoindre, et disait en approchant : a. Je vois une « procession de moines qui s'avance, et j'entends (( la voix de mon fils; il y en aurait mille, chantant (( tous à la fois, que je distinguerais celle de mon « Hervé. Je vois mon fils habillé de gris avec une (( corde de crins pour ceinture. Dieu soit avec vous, « mon fils, le clerc ! quand, avec l'aide de Dieu, je « monterai au ciel, vous serez prévenu, vous ence tendrez chanter les anges ». Et le soir même de ce bienheureux revoir, elle mourut ; et son fils, le chantre et le barde monastique, entendit les anges qui célébraient ses obsèques dans le ciel'.
Le noble Arédius, dont la mort nous a valu ce retour dans le domaine de la légende, ne sortait pas seulement du cloître pour prier sur le tombeau de saint Martin ou pour aller implorer, en faveur des peuples pressurés, les rois mérovingiens : il allait encore tous les ans visiter, dans un monastère de Poitiers, la plus illustre des religieuses de ce siècle, la reine Radegonde.