‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint BernardChapitre 181 sur 274 · liOLSAND., p · texte numérisé non relu

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2. M, Varin, dans son curieux iUfe/noire sur les causes de la dissidence entre l'Église bretonne et V Église romaine, Paris, 1858. in-4,p. 104 à 118, a longuement et savamment examiné l'origine de ce double monastère, dont l'existence avait déjà été constatée par Mabillon, Ann. Bened., 1. 1, p. 124.

premier exemple de ces monastères doubles qu'on rencontrera si souvent dans la suite de cette histoire. La communauté de femmes auprès de qui ces religieux devaient exercer le saint ministère en leur administrant les sacrements et en célébrant leurs funérailles, était très nombreuse. La reine y attira jusqu'à deux cents jeunes filles de races et de conditions diverses, et parmi elles des Gauloises de famille sénatoriale et des princesses franques du sang des Mérovingiens'. Mais elle ne voulut pas les gouverner elle-même et fit élire pour abbesse une jeune fille nommée Agnès, qu'elle avait élevée. S'astreignant sévèrement au rang et aux obligations de simple religieuse, elle faisait elle-même la cuisine quand son tour était venu, allumait le four, tirait l'eau du puits, portait d'énormes faix de bois, lavait la vaisselle, balayait les ordures, nettoyait les chaussures des religieuses pendant que celles-ci dormaient encore. Elle se réservait le privilège de passer tout le carême seule, enfermée dans sa cellule, ne se nourrissant que de racines cuites sans huile, sel ni pain, et buvant si peu d'eau qu'elle en avait la gorge desséchée au point de pouvoir à peine chanter un psaume. Elle n'en poursuivait pas moins ses études sur les Pères et sur les saintes Ecritures; elle lisait assidûment saint Grégoire de

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