‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint BernardChapitre 2 sur 274 · Justin I", en · texte numérisé non relu

Justin I", en

envahie au nord par les Francs païens, au midi par les Bourguignons ariens. L'Espagne était dominée et ravagée parles Yisigoths,les Suèves, les Alains, lesVandales, tous ariens. Ces mêmes Vandales, sous le successeur de Genséric, désolaient F Afrique chrétienne par une persécution plus impitoyable et plus raffinée dans sa cruauté que celle des empereurs romains. En un mot, toutes les contrées où les premiers disciples de Jésus -Christ avaient porté la foi étaient tombées en proie à la barbarie, et le plus souvent aune barbarie que l'hérésie arienne exploitait au profit de sa haine contre FEghse. Le monde était à reconquérir une seconde fois.

Partout les âmes chrétiennes voyaient avec terreur se réahser de nouveau les formidables prophéties de l'ancienne loi contre la race prévaricatrice. « Voici que je susciterai une race cruelle et rapide^ qui parcourra toute la largeur de la terre, afin d'usurper ce qui ne lui appartient pas. Elle sera horrible et terrible. Ses chevaux courront plus vite que les léopards et que les loups qui sortent à la nuit; ses cavaliers inonderont tout. Ils voleront comme Faigle vers leur proie. Tous viendront à la curée. Ils apparaîtront comme un vent brûlant. Ils feront des captifs aussi nombreux que les grains de sable du désert. Par eux, Dieu triomphera des rois ; les tvrans seront ses. bouffons ; il se rira de leurs

remparts; il enfoncera la porte de leurs citadelles, et les prendra d'assaut \ »

Au milieu de ces ténèbres et de cette désolation universelle, l'histoire fixe son regard sur ces sommets qui, au centre de l'Italie et aux portes de Rome, se détachent de la chaîne des Apennins et s'étendent de l'ancien pays des Sabins à celui des Samnites. Un solitaire va y créer le foyer d'une vertu surnalurelle et les illuminer d'une splendeur qui rayonnera pendant dix siècles sur l'Europe régénérée".

A cinquante milles au sud-est de Rome, dans ce massif de montagnes où l'Anio creuse la gorge profonde qui sépare la Sabine du pays autrefois habité par les Èques et les Herniques, le voyageur, en remontant le cours de cette rivière, arrive à une sorte de bassin qui s'élargit entre deux énormes parois de rochers et d'où une onde fraîche et transparente'* tombe de chute en chute jusqu'à un lieu nommé Subiaco. Ce site grandiose et pittoresque avait attiré l'attention de Néron. Il v fit retenir les eaux de

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