‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint BernardChapitre 215 sur 274 · Vita S. Maclovii, c. 13, ap. Mabillon · texte numérisé non relu

Vita S. Maclovii, c. 13, ap. Mabillon

2. Sus silvatica, ad cujus ubera sugentes dependebant porcelluli... BoLLAND., t. II Martii, p. 116, 117. — Le même fait se retrouve dans la légende de saint Imier, fondateur du bourg de ce nom dans le Jura bernois. Ap. Tbouillat, Monum. de Vévêché de Bâle, I, p. 37.

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fait reculer jusque daus une fosse où elle se rompt le col. Là, c'est un crocodile ou un serpent de mer qui avait mis en fuite le comte du canton avec tous ses guerriers, mais que Paul oblige à se précipiter dans la mer, sur ce point du rivage de la Gornouailles où Fou montre encore un tourbillon qui se nomme V Abîme du Serpent \

La légende ne s'arrête pas en si beau chemin : elle ajonte que, voyant le monastère qu'habitait sa sœur, sur le bord de la mer, menacé par les grandes marées, il lit reculer la mer de quatre mille pas, et commanda aux religieuses de borner la nouvelle limite des eaux avec des cailloux, « lesquels tout à l'instant crurent en grands et hauts rochers pour brider la furie des flots » . On comprend assez que l'on interprétait ainsi, sous le toit de chaume du paysan celte, les travaux d'endiguement auxquels avait sans doute présidé l'émigré breton qui fut le premier évêque de Léon.

C'est surtout en Armorique et dans les autres contrées celtiques qu'abondent les traditions relatives à l'empire exercé par les moines sur les bêtes

1. IbicL, p. 118. — C'est à celte légende que se rapporte l'origine de la maison de Kergounadcc, nom propre qui signifie, en breton, celui qui n'a pas peur, parce que son progéniteur fut le seul de toute la paroisse de Cleder qui osa accompagner saint Paul dans son expédition contre le serpent : quœ non magnam apad nos fidem obtinenf,à\o\iieni les [uudenis lîoUandisles.

fauves, au profit nou seulement de leur service personnel, mais de leurs travaux de défrichement et de culture. Thégonnec, autre abbé breton, fait traîner par un loup les matériaux nécessaires à la construction de son église. Ce même Hervé, que nous citions à l'instant, fait labourer son lou}) comme un bœuf. ({ C'était merA cille, » dit le légeudaire, « de voir ce loup vivre en mesme estable avec les moutons, sans leur faire mal, traisner la charrue, porter les faix et faire tout autre service comme un beste domestique ^ »

Dans ce drame de la lutte des moines avec la nature, les loups, comme on voit, jouent le rôle le plus habituel; mais les cerfs leur disputent quelquefois le premier rang en fait de transformations prodigieuses. En Irlande, deux cerfs viennent traînera sa dernière demeure le corps de Kellac, ermite et évêque, assassiné par ses quatre disciples, qui avant de l'égorger, l'avaient tenu toute une nuit enfermé dans le creux d'un chêne grand comme une caverne" L'abbaye de Llancarvan, en Cambrie, tirait son nom et son origine du souvenir des deux cerfs que les disciples irlandais de saint Cadoc avaient attelés à la charrette char2;ée des bois des-

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