‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint BernardChapitre 247 sur 274 · CHAPITRE IIÏ · texte numérisé non relu

CHAPITRE IIÏ

Disciples de Colomban en Italie et en Helvétie.

Les successeurs de Colomban à Bobbio; Atlale et Bertulfe-, l'arien Ariowald et le moine Blidulfe. — Abbaye de Dissentis en Rhélie; saint Sigisbert. — Saint Gall se sépare de Colomban; origine de l'abbaye de son nom : encore les démons. ^ La princesse Frideburga sacrifiée à Dieu par son fiancé. — Gall refuse de devenir évêque ou abbé, et meurt dans la solitude.

Cherchez donc, s'il se peut, à tracer un taljleau abrégé de cette propagande monastique des fils de saint Colomban, à la fois si lal)orieuse et si abondante, et dont les fruits, pour n'avoir point été exclusivement réservés à la gloire et à Tautorité du missionnaire celtique, n'en devaient pas moins enrichir, pendant mille ans et plus, le trésor de l'Église.

Un mot d'abord sur l'abbaye lombarde où Colomban acheva sa carrière. Il y eut pour successeur At taie, noble Bourguignon (61S-662). D'abord moine à Lérins, mais rebuté par le spectacle de la décadence de ce fameux sanctuaire, il avait été attiré à

Luxeuil par la renommée de Golomban, et désigné par celui-ci pour le remplacer, lors de son expulsion de la Bourgogne * . Mais il avait mieux aimé le rejoindre dans l'exil. Après la mort du fondateur, le nouvel abbé eut à subir une insurrection des moines italiens, qui se déclaraient incapables de supporter tant d'austérités et une discipline si rude. Il les laissa partir ; ils allèrent chercher un nouveau gîte, les uns dans les montagnes voisines, les autres jusque sur les bords de la Méditerranée ; plusieurs revinrent plus tard au bercail, où Attale continuait l'œuvre de son maître, en luttant vaillamment contre l'arianisme, qui avait trouvé chez les conquérants lombards du nord de l'Italie une dernière citadelle. Il mourut au pied du crucifix qu'il avait fait placer à la porte de sa cellule pour en baiser les pieds chaque fois qu'il entrait ou sortait, et fut enterré à côté de Golomban.

Après lui ce fut encore un étranger qui gouverna l'abbaye, Bertulfe (627-640), noble Austrasien et proche parent du fameux Ai^noul, évêque de Metz, premier progéniteur connu de cette race carlovingienne qui devait bientôt réunir sous ses lois l'Italie et la Gaule. Bertulfe était né païen; l'exemple de son cousin l'avait converti et conduit à Luxeuil, d'où il avait suivi Attale à Bol)bio. A peine élu, il

Page 1