Le dernier ours tué à Remiremont le fut en
nant au nol)lo Romaric. Ce Icude opulent avait vu ses biens confisqués et son père égorgé, pendant la lutte fratricide entre les deux petits-fils de Brunehaut, Théodebert et Thierry ; mais après la mort de celui-ci, il avait récupéré son vaste patrimoine, et il occupait une haute position à la cour de Clotaire II, devenu seul maître des trois royaumes francs^ .
Sous son habit laïque, ce seigneur pratiquait déjà toutes sortes de vertus, lorsque Dieu voulut, au dire du narrateur contemporain, récompenser son chevalier de la valeur qu'il déployait dans les combats du siècle, et le conduire aux champs de la céleste huuière^. Il arriva que Amat, moine de Luxeuil, lui aussi noble, mais de race romaine% vint prêcher en Austrasie. Cet Amat ou Amé avait été, presqiie au sortir du berceau, offert par son père au monastère d'Agaune^ qui, situé près des sources du Rhône, attirait la vénération et la confiance de tous les fidèles des provinces limitrophes de ce fleuve. Il avait vécu trente ans, soit à Agaune même, soit dans une cellule isolée sur le haut du rocher qui domine encore le célèbre mo-
1. VitaS. Romariciaucl. iiionacho subpari, inAcT.SS. 0. S.B., t. II, p. 399. — Vita S. Eustasii, auct. coœvo : ibid., p. 112