‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint BernardChapitre 266 sur 274 · Vita S. Amati, c · texte numérisé non relu

Vita S. Amati, c

catholique sur la Trinité et l'Incarnation, comme^ une dernière et solennelle protestation contre tout levain schismatique.

Quant à Romaric, qui lui sui^vécut longtemps, ainsi qu'à la pieuse Macteflède, qui avait la première gouverné les sœurs, il prit toutes les précautions nécessaires pour que l'abbesse de son cher monastère fût désormais exclusivement élue par sa communauté, et pour que l'ensemble de sa fondation ne relevât au temporel que du roi et au spirituel que du pape. A la lin de sa vie, le vieux leude retrouva son courage et son rôle politique d'autrefois. 11 avait connu, dans le palais des rois d'Austrasie, le grand et pieux Pépin de Landen, dont le fils Grimoald s'était emparé du pouvoir comme maire du palais sous le roi Sigebert, et menaçait d'avance les droits et l'existence même du jeune héritier de ce prince. Averti prophétiquement des projets du fds de son ancien ami, Romaric, malgré son âge et le pressentiment de sa mort, descend de sa montagne et marche vers le palais qu'il n'avait pas revu depuis trente ans, pour dénoncer au roi et aux seigneurs les périls de la patrie. Il y arrive au milieu de la nuit; Grimoald, informé de son approche, va au-devant de lui avec des torches allumées. A la vue de l'ami de son père, de ce vieil homme de Dieu à la taille élevée et imposante, à

l'aspect solennel, il crut voir, dit riiistorien, une apparition surnaturelle , et trembla. Toutefois, il l'embrassa avec un grand respect. On ne dit pas ce qui se passa entre eux. On sait seulement que Grimoald combla le vieil abbé de présents et lui promit de faire tout ce qui lui était demandé. Trois jours après (8 décembre 653), Romaric, revenu au monastère en visitant une dernière fois les terres cultivées qui en dépendaient, était mort et enterré auprès d'Amat, le maître et l'ami qui Tavait conduit à Dieu par le rude sentier \

Pour compléter cette esquisse de la propagation du grand institut de Golomban dans la Gaule franque au vn^ siècle, il resterait à la montrer, après avoir inondé les deux Bourgognes et l'Austrasie, gagnant l'Armorique, où le Breton Malo, premier évèque du diocèse qui porte son nom, l'importa directement de LuxeuiP, et où les Celtes bretons devaient naturellement adopter avec

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