PrdCf. in Psalter
2, Opéra, t. II, p. 557 et 619.
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s'attache est un besoin pour le cœur. Mais nul ne nous Ta dit. Cette grande lumière de la chrétienté naissante, volontairement voilée au sein de la vie monastique, s'y éteignit sous l'œil de Dieu seul, et sans que le regard de la jîostérité ait été admis à contempler sa fin.
Dans cette même région où le ministre romain de la royauté gothique achevait obscurément sa glorieuse carrière, mais au delà de ce détroit du Phare qui offrait sans doute alors, comme aujourd'hui, le spectacle d'une nature enchanteresse, d'autres moines avaient également pénétré. Le disciple chéri de saint Benoît, le fils de ce riche sénateur qui avait si généreusement doté la communauté naissante de Subiaco, le jeune Placide avait porté jusqu'en Sicile le nom et la règle de son maître. Il y avait été envoyé pour récupérer les dix-huit domaines situés dans cette île que son père avait donnés à Fabbé du Mont-Gassin et dont une gestion infidèle leur dérobait les produits. Il y resta, et établit vers l'an 534, à Messine, le premier monastère bénédictin qui fut créé hors de l'Italie. Placide y réunit une trentaine de religieux , mais fut trop tôt interrompu dans son œuvre de colonisation religieuse \ Il périt avec deux de ses frères et sa
1. Nous n'osons rapporter ici plusieurs traits fort intéressants de la vie du premier disciple de saint Benoît, parce que ses Actes, at-
jeune sœur Flavie, torturés et égorgés par une bande de pirates maures encore païens, qui vinrent ravager les côtes de Sicile et, comme nous le verrons si souvent pour tant d'autres bourreaux, firent des moines les principales victimes de lem^ fureur. Les enfants de saint Benoît inauguraient ainsi la longue série de leurs luttes et de leurs victoires. Le sang de Placide arrosa les semailles de l'Ordre en Sicile, où sa moisson a été jusqu'à nos Jours si abondante ' .
Nous avons dit que les moines étaient venus remplacer les martyrs, mais que, souvent aussi, ils surent les imiter et les rejoindre. Il en fut ainsi pendant les premiers temps de la propagation des Bénédictins en Italie. Cette propagation fut rapide pendant les dernières années de la vie de Benoît, et surtout après sa mort. La tombe où gisait la sainte dépouille du grand législateur, sous la garde d'une progéniture sans cesse renaissante de disciples fervents, fut comme la source d'où découla mie vie nouvelle sur la péninsule". La plupart des
tribués à l'un de ses compagnons, le moine Gordien, ont subi de très nombreuses interpolations, selon l'avis unanime de Baronius, de Mabillon et des Bollandistes.
1. Il y avait dès lors et plus tard beaucoup de monastères en Sicile, peuplés de moines grecs, qui suivaient la règle de saint Basile, Yepiîs, Cronica gênerai, ii, 2.
2. Te monachorum lurbîediu nocluque concélébrant, corpus tuum
anciens monastères adoptèrent la règle qui florissait au Mont-Cassin. Elle se répandit dans le Latium, aux environs du lac Fucino, où l'on voyait le saint abbé Equitius, chaussé de souliers ferrés, faucher le foin avec ses moines, et revenir après de rudes et chaudes journées, la faux au cou, comme tout autre laboureur ^ . Elle fut portée au sommet du mont Soracte, où l'attendait plus d'un rude solitaire bftn digne de la pratiquer, et où le doux prieur Nonnosus fouillait les flancs rocailleux de la montagne chantée par Virgile et Horace, pour y créer des jardins d'oliviers à l'usage de ses frères -. Elle prévalut dans plusieurs des vingt-deux maisons religieuses qui existaient déjà à Rome ^. Elle pénétra promptement dans les îles de la Méditerranée et de l'Adriatique, que nous avons déjà vues peuplées de moines, dans celles surtout qui avoisinaient les côtes de Naples, où l'on avait naguère déporté les accusés de lèse-majesté, sous la hideuse tjTannie des premiers Césars, et où l'amour des choses célestes et de la liberté de l'âme retenait alors tant
in medio positum servantes, quod largo miraculorum fluvio effudit. Menées de l'Église grecque, ap. Dom Guéranger, Carême, p. 58t.