‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint BernardChapitre 45 sur 274 · S. Gre(;or., Dial., 1. i, c. 1, sur Nonnosus et Anastase · texte numérisé non relu

S. Gre(;or., Dial., 1. i, c. 1, sur Nonnosus et Anastase

3. Baronius, MartyroL, 5 déc. Les monastères de Saint-Sabas et de Saint-Érasme y occupaient le premier rang.

(l'exilés volontaires. C'était donc dans toute la péninsule que de nombreuses troupes de moines luttaient lal)oneusement, au sein de la confusion générale, contre la dépravation des mœurs romaines, contre les violences des Barbares. Ils y donnaient ces leçons d'austère vertu, de miraculeuse puissance, dont saint Grégoire le Grand a associé la mémoire, dans ses Dialogues, à celle de leur saint patriarche. Ils savaient mourir comme ils avaient vécu, et braver le martyre sur la place publique comme au fond des bois. Sur la foi de ce grand docteur, les fidèles se sont raconté de génération en génération comment le moine Herculanus, évêque de Pérouse, quand les Goths, sous Totila, vinrent assiéger et détruire cette ville, fut immolé au milieu des tortures, comme le principal auteur de la résistance ; comment, dans la campagne de Rome, l'abbé Suranus fut égorgé par les Lombards, qui le trouvèrent caché dans le creux d'un chêne ; comment ailleurs ces mêmes Loml^ards pendaient les moines deux à deux au même arbre ^ .

Car les Lombards sont déjà là. A peine les Goths, tombés, après Théodoric et Gassiodore, dans une

1. s. Greg-, Dial. IV, 21. — On voit une belle ligure de saint Herculanus, en pied, dans l'arrière-plan d'un tableau du Pérugin, représentant la Madone su?' un trône entouré de quatre saints, qui est un des chefs-d'œuvre de la galerie du Vatican, et a été très bien gravé par la Chalcographie apostolique.

décadence prématm^ée, eurent-ils disparu, qu'on vit une race nouvelle de Barbares franchir les Alpes et fondre sur l'Italie. Elle était fière, intelligente et belliqueuse, arienne de nom, mais encore à moitié païenne de fait, et mille fois plus cruelle et plus redoutée que les Goths ' . Sous Alboin et ses successeurs, ils ravagèrent impitoyablement la péninsule, foulant aux pieds Grecs et Romains, catholiques et ariens, prêtres et laïques. On ne voyait partout que villes ruinées, églises saccagées, évêques et clercs égorgés, peuples exterminés". Ces féroces conquérants moissonnaient tout, et ne laissaient après eux qu'un désert. On se croyait à la fin du monde^. Ils s'acharnaient surtout après les moines et les monastères. Ils incendièrent et détruisirent entre autres deux abbayes déjà considérables, mais dont l'origine est ignorée, Novalèse, située au bas du versant méridional des Alpes du Piémont, et Farfa, qui se croyait cachée dans ces frais ombrages de la Sabine, chantés par Ovide,

Et amœnae Farfaris umbrœ.

Il faut noter ces noms destinés à être si célèbres dans l'histoire religieuse et dont la première appa-

1. Leur première invasion eut lieu en 568, à la sollicitation de Narsès.

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